CLAUDE MONET (1840-1926)

Lot 10
2 000 000 - 3 000 000 €
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CLAUDE MONET (1840-1926)


Plage et falaises de Pourville, 1882
Huile sur toile.
Signée et datée en bas à gauche “Claude Monet 1882”.
H_60 cm L_73 cm

Provenance:
- acheté à l'artiste par Durand-Ruel en 1882
- acquis auprès de Durand-Ruel par le sculpteur
René de Saint-Marceaux, vers 1883
- collection Monsieur Tempelaere, Pays Bas, 1931
- acquis pour le compte de Monsieur Tempelaere à la Galerie Weil à Paris, par le grand-père de l'actuel propriétaire
- resté dans la famille depuis
- collection privée, France

Expositons:
- Galerie E.J. Van Wisseling, Amsterdam, 1935, exposition privée
- Centenaire de Claude Monet, Galerie André Weil, Paris, février 1940

Bibliographie:
- Daniel Wildenstein, 1979, Catalogue Raisonné, vol II, repr. p.60, 61
- Daniel Wildenstein, Claude Monet Catalogue Raisonné, vol II, repr. n° 710

CLAUDE MONET (1840-1926)
Beach and Cliffs at Pourville, 1882
Oil on canvas.
Signed and dated lower left ‘Claude Monet 1882'.
H_60 cm L_73 cm

Provenance:
- Purchased from Claude Monet by Durand-Ruel in 1882
- Purchased from Durand-Ruel by the artist René de Saint-Marceaux, circa 1883
- Private collection Mr. Tempelaere, Netherlands, 1931
- Bought from the André Weil Gallery Paris for Mr. Tempelaere by the grand-father of the actual owner
- Stayed in the same family
- Private collection, France

Exhibitions:
- Galerie E.J. Van Wisseling, Amsterdam, 1935, private exhibition
- Centenaire de Claude Monet, Galerie André Weil, Paris, February 1940

Literature:
- Daniel Wildenstein, 1979, Catalogue Raisonné, vol II, ill. p.60, 61
- Daniel Wildenstein, Claude Monet Catalogue Raisonné, vol II, ill. n° 710

Claude Monet “L'an dernier, (...) j'ai souvent suivi Claude Monet à la recherche d' impressions. Ce n' était plus un peintre, en vérité, mais un chasseur. Il allait, suivi d'enfants qui portaient ses toiles, cinq ou six toiles représentant le même sujet à des heures diverses et avec des effets différents. Il les prenait et les quittait tour à tour, suivant les changements du ciel”
Guy de Maupassant
Pour Claude Monet les côtes normandes sont teintées de souvenir. Ayant passé son enfance au Havre, il a acquis une connaissance particulière des paysages et de l'atmosphère qui s'en dégage.
Lorsqu'il retourne en Normandie, ses proches parlent d'un bouleversement chez le peintre, qui accentue son obsession de la lumière et de ses variations.
Claude Monet nous raconte qu'il se lève à l'aube et travaille jusqu'au soir afin d'étudier encore et toujours les effets de la lumière sur la mer.
En 1882, après quelques jours passés à Dieppe, Claude Monet s'installe à Pourville. «Je me suis installé ici depuis quelques jours, j'avais besoin de revoir la mer et suis enchanté de revoir tant de choses que j'ai faites il y a quinze années. Aussi me suis-je mis à l'ouvrage avec ardeur».
Touché par les falaises et la lumière qui s'y baigne il dit «aimer la surface ondoyante» de ces falaises de la côte normande mais aussi «les angles de visions originaux qu'elle lui offre».
Il a su capter et rendre sur la toile la matérialité des rochers, les traces d'érosion et la variation de couleurs. La réverbération de la lumière sur la paysage est déposée en une touche d'énergie qui captive le regard et confère à l'oeuvre un magnétisme de l'ordre du divin.
Il y a dans son oeuvre une volonté d'exprimer, une manière de percevoir et de ressentir les choses plutôt que de restituer avec exactitude l'apparence objective et neutre. L'oeuvre apparaît ici, comme une impression, un moyen d'atteindre une vérité et de nous la dévoiler. De part le regard et le ressenti du peintre, la nature se dévoile à nous sous un jour nouveau, sous des couleurs que nous ne voyons pas et qui se révèlent grâce à la touche si particulière de l'artiste. Oscar Wilde l'exprime ainsi ‘ La vie imite l'art bien plus que l'art n'imite la vie». Il y a, ici, bien plus de réalité que dans la vie réelle. Il renouvèle ainsi la façon de représenter la nature et de la percevoir, pour lui le sujet n'est pas ce qu'il est mais ce que la lumière en fait.
Son art est un langage, il cherche dans la réalité sensible les formes avec lesquelles, il exprime une idée, un ressenti, une impression esthétique.
Ce paysage de Pourville colorié par des bleus, des verts et des roses, transcende les limites du beau et déborde sur le sublime indicible. La modulation de notre perception nous surprend, nous fascine et nous élève au delà du monde sensible.

For Monet the coast of Normandy was tinged with memories. Having spent his childhood in Le Havre, he acquired a special knowledge of the landscape and the atmosphere particular to this place. When he returned to Normandy, his close relations talked of a major disruption in the painter, which accentuated his obsession with light and its variations.
Monet tells us that he rose at dawn and worked till nightfall in order to study again and again the effects of light on the ocean.
In 1882, after several days spent in Dieppe, Monet moved to Pourville.
“I moved there several days ago, I needed to see the sea again and am thrilled to see again so many of the things that I did fifteen years ago. I have hence started working with great ardor.
Touched by the chalk cliffs and the light bathing them, he said how much he “loved the undulating surface” of those cliffs of the Norman coast but also “the original perspectives they offered him.”
He knew how to capture and render on canvas the materiality of rocks, traces of erosion, variations in color. The reverberation of the light on the landscape is laid down as an energetic touch that captures the gaze and confers on the work a magnetism of a divine order.
There are in his works a will to express, a way of perceiving and feeling things rather than exactly reproducing objective, neutral appearance.
The work appears here as an impression, a way of attaining a truth and unveiling it to us. Through the painter's gaze and feeling, nature unveils itself to us under a new day, through colors that we never see and that reveal themselves thanks to the so-particular touch of the artist. Oscar Wilde expressed it thus: “Life imitates art far more than art imitates life.”
There is, here, much more reality than in real life. He thus renewed the way of representing and perceiving nature: for him the subject is not what it is, but what the light makes of it.
His art is a language, he seeks in perceivable reality the forms with which he expresses an idea, a feeling, an aesthetic impression. This landscape of
Pourville colored by blues, greens, and pinks, transcends the boundaries of the beautiful and brims over into the inexpressible sublime. The modulation of our perception surprises us, fascinates us, and elevates us beyond the perceivable world.

“Last year (...) I often followed Claude Monet in his search for impressions. He was no longer a painter, in fact, but a hunter. He went about, followed by children who carried his canvases, five or six canvases depicting the same subject at different hours and with different effects. He took them and left them each in their turn, following the changes in the sky.”
Guy de Maupassant

Les Falaises Normandes Grâce à son carnet de croquis, Monet peut prendre note de tous les lieux et étudier le meilleur cadrage. Les esquisses prises lors de ses pérégrinations se retrouvent souvent et assez fidèlement dans les marines de cette époque. Il est vrai que la composition de ses dessins, tout comme celle de ses peintures, est d'une grande simplicité: silhouette des falaises et ligne d'horizon. Les marines de Monet ne sont plus consacrées à la représentation de silhouettes parisiennes sur la plage, ni de régates sur les flots, comme celles qu'il exécutait lors de la décennie précédente. A l'instar de ses paysages de Vétheuil, ses paysages marins sont épurés à l'extrême.
Extrait de l'ouvrage “Claude Monet, son musée”. éd. Musée Marmottan, Monet, Paris. éd. Editions Hazan, Paris, 2010.

With his sketchbook, Monet can take note of all the places and study the best framing. The sketches drawn during his wanderings can often be identified, sometimes fairly accurately, in the marines painted at this period.
It is true that the composition of his drawings, as well as those of his paintings, is very simple: the outlines of the cliffs and the horizon line. The marine paintings of Monet are no longer devoted to the representation of Parisian silhouettes on the beach, nor regattas on the waves like those painted during the previous decade. In the same way as the Vétheuil landscapes, Monet's seascapes are extremely refined.

“Je n'ai fait que regarder ce que m'a montré l'univers.
La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment.”

“I did nothing but look at what the universe showed me.
Color is my daily obsession, my joy and my torment.”
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