François de CHATEAUBRIAND

Lot 46
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François de CHATEAUBRIAND

Lettre autographe, 16 juillet 1812, à la duchesse de Duras; 5 pages in-4. Lettre inédite sur ses embarras financiers, et ses projets littéraires, dont le début des MÉMOIRES DE MA VIE. «Vous êtes une ingénieuse et noble amie. Je vous admire autant que je vous aime; mais je ne puis chère soeur approuver votre projet: d'abord vous ne trouverez pas aisément cinq personnes pour vous remplacer; ensuite je veux que votre nom soit dans la Préface qu'on lira après ma mort; enfin, et vous allez trouver sur le champ l'objection bonne, parce qu'elle ne regarde que moi; c'est que vous êtes cinq personnes à qui je puis dire: n'oubliez pas le trimestre; au lieu qu'avec toute autre je me tairai»... Cela est d'une grande conséquence, car malgré l'arrangement de tout mettre chez le notaire, il n'y a pas eu une seule soumission au 1er juillet, et il se trouve «dans de cruels embarras. [...] chacun est à la campagne, voyageant, errant; et chacun a autre chose à faire que de songer à une bagatelle. Puis on se dit quand on y pense par hazard: ah! il y a quelque chose d' échu. Puis on oublie de nouveau; la peine d'écrire, les affaires survenantes, tout distrait; au fond c'est fort naturel. Remarquez que toutes les soumissions sont prises, et que je devrois avoir mille écus disponibles: sur les trois mille francs, je n'ai eu que les mille francs de mes neveux [...]. Ainsi si vous vous retirez du nombre des associés, les cinq personnes avec lesquelles je suis le plus libre, ce sera un inconvénient des plus graves»... Il a pensé à un arrangement «plus noble», si l'on avait les fonds pour convertir la rente en capitaux: un placement de 7 ou 10 mille francs sur hypothèque aurait des avantages pour les «soumissionnaires» sans que lui-même y perde, et le rendrait tout à fait indépendant. L'embarras c'est de trouver les fonds dans un temps où on n'a pas le sou. «Je suis si las de toutes ces misères que je vous prie de n'en plus parler dans nos lettres. Rien ne flétrit le coeur comme les détails d'argent, et j'aime mieux vivre encore comme l'oiseau en agitant mes ailes, sans savoir dans quel champ je trouverai le grain de mil que me destine la Providence. Ce qui n'est pas laissé de même au hazard, c'est mon attachement pour vous qui est à l'épreuve du temps de la fortune et de tous les maux de la vie»... Il a envoyé l'épitaphe demandée à Mme Adrien. «Je viens de mettre au net la Tragédie [Moïse]. L'histoire marche. J'ai hâte que vous en voyiez les premières pages; vous serez je crois contente. Cet automne je vous ferai, à la chûte des feuilles, un premier livre de ma vie»..
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