François de CHATEAUBRIAND

Lot 49
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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, [3 et 11 septembre 1812], à la duchesse de Duras; 1 page in-4 avec adresse (au château de Mouchy), et 5 pages in-8. Sur les attaques contre lui, et l'ordre de s'éloigner de Paris. Paris jeudi à midi [3 septembre]. «Je suis venu un moment à Paris pour affaire pressée [convocation chez le préfet de police, pour lui ordonner de s'éloigner de Paris], chère soeur, et je retourne à l'instant à Verneuil où je resterai plus longtemps que je ne le comptois. Cependant je puis aller aussi à la Vallée et je m'y rendrai du 25 au 30 pour vous y recevoir; alors je vous dirai tout ce que je ne puis vous dire. Le 15 ou le 17 je prendrai chez le notaire ce que j'y trouverai, mais je serai le moins de temps possible à Paris. Ne commentez pas ce billet, n'en parlez pas, et prenez patience»... (CG II 587) Verneuil. Vendredi matin 11 [septembre 1812]. «Je vous ai écrit un mot de Paris, chère soeur. Me voilà à Verneuil où j'ai trouvé une longue lettre de vous. Vous n'aviez pas besoin de justification. Croyez très sérieusement que mon attachement pour vous est à l'épreuve du temps, que rien ne peut l'affoiblir, et que tout peut l'augmenter. Dans ma colère je vous aurai fait une grande querelle avec Mde de B[érenger]. Pardonnez-moi tout cela et aimez-moi comme je vous aime». Il explique un peu des machinations dirigées contre lui: «on imprime des extraits de mon premier ouvrage [Essai sur les révolutions] chez Didot imprimeur de l'Institut [...] Voilà l'énigme expliquée et pourquoi je me trouve écarté de Paris. Vous savez que depuis longtemps prévoyant cette attaque j'ai préparé ma réponse. J'y ai travaillé depuis encore et je crois que j'ai un million de fois l'avantage sur mes lâches adversaires. J'enverrai cette réponse à tous les journaux et au ministère. Si on la refuse, comme je le crois, alors l'injustice sera bien constatée et après avoir fait ce que j'aurai dû je resterai tranquille. En attendant il est bon que l'on soit prévenu de l'impression des extraits (car vous sentez bien qu'on ne peut réimprimer tout l'ouvrage: dans son ensemble, il m'est trop favorable) et que tous les honnêtes gens soient renvoyés d'avance à la préface du Génie du ch[ristianisme]. Votre pauvre frère, chère soeur, est bien tourmenté. Il achète cher un peu de noblesse et de renommée. Mde de Ch[ateaubriand] est malade d'inquiétude et de chagrin. Les amis sont muets, les ennemis puissants; le public seul est pour moi. Mais que peut-il pour mon repos? Si vous deviniez ma position, n'en dites rien. J'ai promis le silence et je veux garder ma parole jusqu'au moment où on m'aura manqué de parole. Quand à la publication des extraits, dites-le à tout le monde. Il vaut mieux là-dessus qu'on soit prévenu. Bon jour, chère soeur [...] Songez que je vous verrai du 25 au 30 à la Vallée [...] Si par hazard vous avanciez votre retour, je tâcherois d'arranger mes affaires pour vous voir plutôt. Mais au nom du ciel, chère soeur, soyez prudente et ne vous compromettez pas pour moi. Espérons tout de la justice du gouvernement. Il ouvrira enfin les yeux sur l'injuste persécution de mes ennemis». (CG II 589)
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