STENDHAL, Henri Beyle, dit

Lot 339
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STENDHAL, Henri Beyle, dit


Promenades dans Rome. Paris, Delaunay, 1829.
2 volumes in-8 (218 x 134 mm) de 1 frontispice, (2) ff., IV, 450 pp., (1) f. d'errata; 1 frontispice, (2) ff., 592 pp.: demi-maroquin rouge à grain long avec coins, dos lisses ornés en long, couvertures et dos conservés, non rognés (Mercier Sr de Cuzin).
Édition originale tirée à500 exemplaires.
Chaque volume est orné d'un frontispice gravé en taille-douce par Couché fils d'après Civeton: la colonne Trajane et la cathédrale Saint-Pierre de Rome. Le second volume comprend en outre un Plan des vestiges de Rome Antique, ici en deuxième état avec les hachures indiquant les montagnes.
Original vade-mecum pour visiter la Ville éternelle, mêlant librement, au gré de l'humeur, descriptions d'oeuvres et de monuments, anecdotes, réflexions de politique et d'art, rêveries d'une saveur toute stendhalienne.
Très bel exemplaire, à toutes marges, complet des rares couvertures imprimées.
On a relié en tête un testament autographe signé par lequel Stendhal lègue son fameux buste de Tibère à son protecteur, le comte Molé.
Ce document (2 pages in-8) daté du 18 janvier 1832 a été signé à quatre reprises “H. Beyle”.
Il porte au recto du premier feuillet: “Testament/Ultima volonta/del Signor Beyle Console di F rancia / a Civita Vecchia.”
Testament de M. Henry-M. Beyle Consul de F rance à Civita Vecchia.
Je soussigné Henri-Marie Beyle né à Grenoble le 23 janvier 1783, lègue une tête de marbre, supposée représenter Tibère, achetée par moi 4 écus à Naples en janvier 1832, à Monsieur le Comte Molé pair de France, logé à Paris place de la Ville l'Evêque. Si M. le Cte Molé meurt avant moi, je lègue cette tête de Tibère à Madame sa fille. Je lègue la somme de cents francs à Mr P rosper Mérimée en le priant de faire parvenir cette tête de Tibère franc de port à la maison de M. le Cte Molé Place de la V ille l'Evêque.
Ecrit de ma main à Naples le dix-huit janvier 1832. H. Beyle Stendhal demande enfin, dans une note signée en marge, que l'antique soit emballé par
M. Constantin et porté chez M. Mérimée.
C'est grâce aux bons offices de son ami Domenico de Fiore - qui entretenait des relations amicales avec le comté Molé, ministre des Affaires étrangères du roi Louis-Philippe -, que Stendhal fut nommé, le 25 septembre 1830, consul de France, d'abord à Trieste, puis à Civitavecchia qu'il rejoignit en avril 1831.
L'écrivain, qui vivait replié sur lui-même en ébauchant ses Souvenirs d'égotisme, fit cependant plusieurs voyages, dont un à Misène: il en rapporta le prétendu buste de Tibère, objet du présent testament. Deux ans plus tard, il interrogeait l'intermédiaire, Domenico de Fiore: “Y aurait-il un moyen honnête de le faire accepter à Molé, moi vivant? Je l'aimerais bien mieux chez cet homme aimable que je n'ai vu que pour le remercier, que chez moi.”
Par dignité autant que par délicatesse, il ne souhaitait pas offrir un tel cadeau à son protecteur tant que celui-ci était au pouvoir. Revenu à Paris le 24 mai 1836, l'écrivain retrouvait un emploi aux Affaires étrangères, à nouveau grâce aux bons soins du ministre.
Le buste fut finalement remis au comte Molé en 1839: le 8 mars, ce dernier avait démissionné de ses fonctions de président du Conseil et de ministre des Affaires étrangères.
Provenances: Legrand (cat. 1912, n° 1026).- Marquis de Piolenc (cat. 1913, n° 523).
- Du Bourg de Bozas, avec ex-libris (cat. 1990, n° 259)
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