ANDY WARHOL (1928-1987)

Lot 60
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ANDY WARHOL (1928-1987)

Jackie, 1964 Acrylique et sérigraphie sur toile. Signée au dos. H_51 cm L_40,5 cm Provenance: Marianne et Pierre Nahon, Vence Exposition: Portraits de Femmes, 1994, Galerie Beaubourg, Vence, reproduit p. 66 Bibliographie: - Manuel Jover, Le voleur d'images. Paris, Beaux-Arts Hors série - Georg Frei & Neil Printz Eds, Paris, 1990 reproduit p. 10 - The Andy Warhol Catalogue Raisonné, Vol. 2A, Paintings 1969, NY, 2004 Andy Warhol, Jackie En janvier 1964, Warhol ouvre la Factory dans un loft sur la 47e rue. C'est une sorte d'atelier artistique qui sert en même temps de studio d'enregistrement pour ses oeuvres cinématographiques et de lieu de rencontre pour son entourage. C'est là qu'il tourne plusieurs films expérimentaux, largement improvisés, sans sujet ni scénario. À la manière de ses toiles, ces films ne sont en réalité qu'une seule séquence répétée plusieurs centaines de fois, comme par exemple dans Sleep, où l'on voit le même homme dormir pendant 20 minutes, cette séquence étant répétée dix-huit fois pour former un film de six heures. En 1964 a lieu la première exposition exclusive en Europe. Pour l'exposition universelle de New-York, Warhol crée le panneau mural Thirteen Most Wanted Men (« Treize hommes les plus recherchés »), oeuvre qui devra être recouverte de peinture car cette oeuvre, représentant des criminels, choque à l'époque. Il commence ses sérigraphies en 3D en reproduisant des boîtes de ketchup Heinz ou de tampons à récurer Brillo. Il débute la série sur la mort et les catastrophes en même temps qu'il continue sa série sur les actrices; il inaugure sa première grande exposition en Europe et réalise sa série sur Jackie. L'oeuvre que nous présentons datant de 1964 est le portrait en noir et blanc de Jackie, répétition d'une image témoin de la mort. Jackie n'est ni rattaché à la série des actrices ni à celle de la mort mais elle est les deux à la fois. Sont statut la définit comme un personnage historique parangon de la première dame des Etats-Unis témoin de la mort historique de son mari. Andy Warhol dira qu'à travers les représentations des actrices, tout le mène à la mort ou du moins à cette idée; la série sur les catastrophes et la mort débutera ainsi la même année. Répéter l'image en mettant sur un même plan tous les évènements annihilant l'idée d'une hiérarchie d'importance entre les choses. N'assistons nous pas à ce phénomène où les images se succèdent aux informations, à la TV avec exactement la même tonalité. Le passage d'un monde à l'autre est le chemin initiatique et visionnaire que nous offre Andy Warhol. Ses oeuvres sont les moyens qui nous permettent cette traversée du miroir. La réalité est la fiction et la fiction la réalité; les images se superposent les unes aux autres sonnant le glas du rapport réalité représentation. L'oeuvre qui vous est présentée est majeure tant d'un point de vue historique qu'artistique. La figure emblématique de Jackie Kennedy, témoin du drame de l'histoire américaine, est projetée sur la toile de manière magistrale saisissant un instant dramatique. Le noir et blanc accentue cette dimension historique, figée dans le temps et artistique d'une réappropriation photographique. La figure de Jackie qu'elle soit représentée, vue à la TV, ou dans la réalité revient totalement au même. L'abolition des frontières est irréversible et la révolution Warholienne marque l'avènement du virtuel ou encore l'impossibilité de distinguer dorénavant les concepts de réel et de virtuel. Dans la théorie d'Andy Warhol cette année 1964 est la dernière année où il réalise ses dernières peintures car c'est en 1965 qu'il annonce officiellement qu'il abandonne l'art pictural pour des oeuvres cinématographiques. Cette représentation de Jackie de 1964 que nous présentons lors de cette vente est une oeuvre majeure dans le travail d'Andy Warhol tant d'un point de vue historique qu'artistique.
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