Alfred Jarry.

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Alfred Jarry.

Ubu Roi. Drame en cinq actes en prose restitué en son intégralité tel qu'il a été représenté par les marionnettes du Théâtre des Phynances en 1888 et le Théâtre de l'OEuvre le 10 décembre 1896, avec la musique de Claude Terrasse. Paris, Édition du Mercure de France, 1897.
In-12 : demi-maroquin rouge à la Bradel avec coins, non rogné, tête dorée, couvertures conservées (Bernasconi).
Édition fac-similé autographique, en partie originale.
Tirée à 300 exemplaires, elle reproduit pour la première fois la musique de Claude Terrasse.
Un des dix exemplaires numérotés sur japon impérial (n° 19), seul tirage de luxe après 10 Chine.
Dernière publication de Jarry au Mercure de France, probablement sans l'assentiment d'Alfred
Vallette.
Exemplaire de la bibliothèque de Paul Eluard, avec son ex-libris "Après moi le sommeil" dessiné par Max Ernst : il est enrichi de huit documents autographes adressés à Rachilde et Alfred Vallette par Alfred Jarry et Claude Terrasse, dont 4 inédits.
Six lettres et cartes autographes signées d'Alfred Jarry, notamment :
- une remarquable lettre inédite à Rachilde ornée d'un papillon séché, "le premier papillon du printemps". Il y évoque avec beaucoup d'humour Prrou et Minouphlette, les chats de Colette et de Rachilde :
A propos d' insectes, nous ne doutons pas des mérites du ‘Prrou' à Colette, mais, comme nous écririons en monstre mirlitonesque pour Terrasse :
C'est le Prrou-t-à Colette
Mais comment Minouphlette [...] Gardera-t-elle en sa présence son innocence ?
Il est ensuite question de "phynances" promises par les indigènes de l'Etron-Chaud et de petites marionnettes en carton que "le printemps l'a invité à procréer".
Jarry fait également allusion à un projet de traduction avec le docteur Saltas du roman satirique d'Emmanuel Rhoïdis qui devait paraître de manière posthume en 1908, la Papesse Jeanne :
La Dragonne tient toujours, le nouvel in-18 aussi, mais en effet nous ne pouvons compter chez Fasquelle que - La Dragonne étant entendue - sur le roman grec.
Pourvu que notre cher ami Saltas, dans un empressement louable, mais trop péloponésien, ne l'ait point renvoyé à ses calendes nationales ! (Sans lieu ni date [Laval, début mars 1906 ?], 4 pages in-12).
- Dans une carte de visite envoyée vers le 8 février 1907, Jarry promet à sa correspondante pour mardi "encore qu'il soit Gras, c'est à dire clos, je crois au public extérieur - des chandelles mauves et peut-être des choses comestibles", ainsi qu'un nouvel in-18° qu'il rapportera à Paris.
- Deux autres cartes postales sont adressées à Rachilde, l'une depuis Bruxelles illustrée de Manneken-Pis en grande tenue de jour de fête, coloriée à la main, signée Alfred Jarry,
Eugène Demolder, P. Ubu, portant "Ainsi avons-nous évangélisé le peuple" (cachet postal du 22 mars 1902). L'autre depuis Laval, probablement de début 1906, jointe à "deux petits bouquins de chez Sansot ouvrant la série de nos OEuvres posthumes".
- Une carte postale inédite et une lettre sont adressées à Alfred Vallette depuis l'Isère les 26 et 29 février 1904, alors qu'il travaille avec Claude Terrasse au dernier tableau du Pantagruel : Les notables grand-lempsiquois, par nos soins, parlent le pur accent de M. Ubu.
[...] Nous avons fondé deux écoles ennemies de ces pacifiques joueurs de billard aux quilles, baptisées Conflabo et Riflacul " (1 page in-12).
- L'une des deux lettres de Claude Terrasse reliées en fin de volume, évoque également l'écriture du Pantagruel : Nous sommes terriblement pris Jarry et moi par notre grosse machine. Il nous reste un tableau à terminer, un autre à mettre au point et à revoir le tout [...] Quelle besogne ! grand dieu ! le Père Ubu ne s'en doutait pas (18 février 1904, 1 page 1/4 in-8).
La deuxième fut rédigée après la disparition de Jarry, le 28 mars 1908, lors des répétitions d'Ubu roi au Théâtre Antoine.
On trouve également monté sur le feuillet préliminaire une épreuve sur Chine, numérotée 5/20, du véritable portrait de Monsieur Ubu, gravé sur bois par Alfred Jarry.
Utilisé pour la pré-originale de 1896, ce bois fut remplacé par un cliché galvano dans les éditions ultérieures.
Remarquable provenance que celle de Paul Eluard, fidèle défenseur d'Alfred Jarry : il est notamment l'auteur d'un texte publié à l'occasion de la représentation d'Ubu enchaîné par Sylvain Itkine en 1937, intitulé Mérite d'Ubu.
La collection Lambiotte renfermait un autre exemplaire de cette édition sur papier ordinaire, relié en peau de truie, également de la bibliothèque Eluard (Vente IV, 1977).
"Sans doute le plus grand roman politique de toute la littérature mondiale" (Charles Moser)
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