Arthur RIMBAUD.

Lot 17
Aller au lot
Estimation :
8000 - 10000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 21 484EUR
Arthur RIMBAUD.
Les Illuminations. Notice par Paul Verlaine. Paris, La Vogue, 1886.
Grand in-8 : maroquin janséniste rouge, dos à nerfs, doublures de maroquin parme serties d'un filet doré et d'un cadre de maroquin rouge, gardes de soie rose à motifs floraux, tranches dorées sur témoins, couverture conservée (Alix).
Édition originale.
Tirage limité à 200 exemplaires : un des 170 sur vergé de Hollande (nº 104).
Texte fondateur pour l'ensemble de la poésie moderne.
Recueil poétique en prose, publié à l'insu de Rimbaud (1854-1891), alors qu'il se trouvait en Abyssinie. En tête du volume, une Notice de Paul Verlaine exprime admiration et inquiétude : "À seize ans il avait écrit les plus beaux vers du monde [...]. On l'a dit mort plusieurs fois. Nous ignorons ce détail mais en serions bien tristes. Qu'il le sache au cas où il n'en serait rien. Car nous fûmes son ami et le restons de loin." (Bibliothèque nationale, En français dans le texte, 1990, n° 299.)
Élégante reliure en maroquin doublé de Mme Alix.
Minime restauration dans la marge du second plat de couverture.
On a relié en tête une lettre autographe signée de Paul Verlaine adressée à un ami (le poète Jules Tellier ?), le 19 décembre 1886, annonçant la publication des Illuminations.
Lettre écrite durant l'une des pires périodes de la vie de Verlaine, marquée par le désespoir et la misère : il est à l'hôpital Broussais depuis un mois et demi, "salle Follin, lit 6" indique-t-il à son correspondant, en lui donnant les heures de visite.
Il demande des nouvelles de son ami, puis annonce sans fard : "Moi, toujours la dèche et la maladie. Celle-ci tend pourtant à la fin - une longue fin !" (Il sera expulsé de l'hôpital Broussais le 13 mars 1887 - avant d'être admis à l'hôpital
Cochin le 9 avril suivant.) "Ah ! ma femme est remariée depuis un mois. Tu vois que ma vie de ce côté continue à être charmante et peu processive. Car il va sans dire que je n'entends pas laisser mon fils exclusivement aux mains de ces deux élus en Naquet." (La loi Naquet du 27 juillet 1884 avait rétabli le divorce.)
Puis viennent les nouvelles littéraires : "As-tu reçu mes deux livres, Louise Leclecq et Mémoires d'un veuf. Sinon va chez
Vanier et demande de ma part.
Les Illuminations ont paru (bureau de la Vogue, 4 rue Laugier : écrire à M. Gustave
Kahn). Six francs, prix fort."
Il rappelle à son correspondant la dette de 75 francs d'un personnage dont le nom a été biffé et, en post-scriptum, demande des nouvelles des Decroix, Millaud, Esnault et Edmond Thomas.
(Lettre autographe signée, 2 pages in-8 sur papier quadrillé.)
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue