Pique-cierge portatif en cuivre champlevé,...

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Pique-cierge portatif en cuivre champlevé,...

Pique-cierge portatif en cuivre champlevé, gravé et doré, émaux bleu, rouge et turquoise. Base pyramidale tronquée à six pans légèrement incurvés reposant sur des redents arrondis ; décor des faces alternant des écus armoriés, accompagnés de deux tiges à feuilles pointues dans les angles inférieurs, et des créatures hybrides jouant d'un instrument de musique sous une arcature trilobée.
Ecus : D'azur semé de fleurs de lys d'or, armes de France ; Ecartelé aux 1 et 4 d'or au lion d'azur accompagné de besants de gueules disposés en orle, aux 2 et 3 de gueules à deux fasces d'or, armes évoquant la famille de Jacques Duèse, élu pape sous le nom de Jean XXII en 1316, D'or à l'aigle d'azur membrée de gueules, non identifié.
Créatures hybrides : animal à corps de lion et tête de singe jouant de la cornemuse, animal à corps de lion et tête humaine jouant du tambourin, animal à corps de lion et tête humaine jouant du psaltérion.
Grande pointe creuse en tronc de cône à la base entourée d'une collerette dentelée.
Limoges, vers 1310
Hauteur : 29 cm - Largeur : 12,5 cm
(pointe de la pique incomplète avec petite fente, petit enfoncement, légers manques aux émaux)
Provenance :
- ancienne collection Emile Molinier (1857-1906), Paris
- ancienne collection Simon Seligmann, Paris
- vente Sotheby's, New York, 29 janvier 1999, lot 38
Ouvrages consultés : J.B de Vaivre, “Un chandelier du début du XIVe siècle portant les armes de Jacques Duèse” dans Bulletin de la Société des Antiquaires de France, T 401, 1983, p 70-82 ; Exposition Limoges 1992, Trésors d'émail - Catalogue des acquisitions 1977-1992, Musée municipal de l'Evêché, cat. 9 et 10 ;
E. Nekrasova, The Azure and Gold of Limoges - Twelfth to fourteenth century enamels, Saint Petersbourg, 2009, cat. 58 ; A. C. Dumargne, Les chandeliers et pique-cierges portatifs à décor émaillés de Limoges des XIIIe-XIVe siècles, Cahiers LandArt N° 18, décembre 2016.
Les ateliers des émailleurs limousins ont réalisé au tournant des XIIIe et XIVe siècles des chandeliers dits portatifs, de voyage ou itinérants, destinés à accompagner le voyageur laïque ou religieux dans ses déplacements. Parmi les différents types, il y avait les modèles emboîtables comme celui-ci à tige creuse. De dimensions décroissantes, on pouvait ainsi les emboîter les uns dans les autres du plus petit au plus grand. Cet exemplaire de l'ancienne collection
Molinier, de grande taille, devait constituer le plus grand de la série qui pouvait compter jusqu'à six exemplaires à l'image de l'ensemble conservé au musée du Louvre (inv. 2660 à 2665). Parmi les pique-cierges emboîtables à base pyramidale répertoriés par Anne-Clothilde Dumargne, il se situe par sa taille juste après un exemplaire d'une série de trois conservée à l'Ermitage. Les écus armoriés ornant la base de ces pique-cierges limousins semblent avoir une valeur principalement décorative. Celui D'azur semé de fleurs de lys d'or, le plus commun, correspond aux armoiries fleurdelisées adoptées par la royauté autour de 1211. Également assez répandu est celui Ecartelé aux 1 et 4 d'or au lion d'azur accompagné de besants de gueules disposés en orle, aux 2 et 3 de gueules à deux fasces d'or identifié par Jean-Bernard de Vaivre comme correspondant aux armes de Jacques Duèse, devenu le pape Jean XXII en 1316. L'écu figurant sur un exemplaire conservé au Germanisches Museum de Nuremberg en montre une interprétation très semblable (inv. HG3499, fig. a). Le troisième d'or à l'aigle d'azur membrée de gueules est très proche de l'écu figurant sur deux chandeliers du Musée de l'Évêché de Limoges d'or à l'aigle de sable becquée et membrée de gueules attribué par Geneviève François à l'Empire germanique ou à Jean d'Acre, grand bouteiller de France (†1296) (inv. 464, fig. b). Il semble ainsi que l'on doit se diriger au sujet de ces écus ornant les pieds des luminaires vers une interprétation approximative de la part des émailleurs de Limoges des motifs qui leurs étaient fournis, tâtonnement correspondant à l'émergence progressive de l'héraldique dans les arts décoratifs ainsi qu'à la palette de couleurs limitée de la production à cette époque. Quant aux grandes créatures fantaisistes jouant de la musique qui ornent les faces, en alternance avec les écus, elles semblent uniques. Elles témoignent de façon pittoresque de l'imaginaire médiéval à l'image des “bestelettes” meublant les marges des manuscrits.
Leur présence plaide en faveur d'un usage domestique de ce luminaire commandité par un personnage de l'aristocratie. Il est à souligner l'excellent état de conservation compte-tenu de l'époque de ce chandelier ayant appartenu à Emile Molinier, ancien conservateur au Louvre.
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