Exceptionnel memento mori en ivoire sculpté...

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Exceptionnel memento mori en ivoire sculpté...

Exceptionnel memento mori en ivoire sculpté et gravé avec rehauts de rouge. Crâne habité de batraciens et de reptiles, deux salamandres et un crapaud sur le dessus, un reptile dans chaque orbite, deux lézards et une grenouille sur le maxillaire inférieur, un batracien s'échappant de la bouche entrouverte ; inscription sur le front ECCE FINEM (Voici la fin) ; au revers, une Crucifixion entre la Vierge et saint Jean, les mains jointes, un os reposant sur le sol ; en dessous, le monogramme du Christ ihs dans un écu.
Paris, attribué à Chicart Bailly, vers 1480/90
Hauteur : 6,7 cm - Largeur : 3,7 cm - Profondeur : 4,7 cm - Poids : 90 g (petites restaurations anciennes)
Ouvrages consultés : J. Lowden et J. Cherry, Medieval Ivories and Works of Art, The Thomson Collection, Art Gallery of Ontario, 2008, cat.45 ; Exposition
Brunswick 2017, The Ivory Mirror : The Art of Mortality in Renaissance Europe, Bowdoin College Museum of Art, S. Perkinson, cat. Pl. 34, 35 et 36.
C'est assez récemment que l'on a rapproché certains grains de chapelet à deux ou trois faces d'un sculpteur d'ivoire et marchand parisien, Chicart Bailly, qui a travaillé des dernières décennies du XVe siècle au premier tiers du siècle suivant. Dans la production de ces objets de dévotion de petite taille, objets dits de vanité, on peut en effet regrouper un certain nombre d'entre eux présentant des caractères communs dont la figuration assez macabre des têtes de mort agrémentées de vers, crapauds et lézards et la présence très souvent d'inscriptions en langue française vernaculaire au début de la Renaissance.
Le rattachement de ces oeuvres réalisées en France avec la production de l'atelier de Bailly a pu se faire grâce à la découverte d'un inventaire après décès de “l'homme honorable Chicart Bailly, bourgeois de Paris et marchand tabletier” conservé aux Archives nationales (Minutes de Guillaume Payen, 1533).
Cet inventaire éclaire en effet l'activité de ce sculpteur, mentionné maître en 1485 et décédé en 1533, spécialisé dans le travail de l'ivoire, de l'os et des bois précieux. Beaucoup d'objets ont été inventoriés après sa mort, peignes, boucles entre autres mais surtout un nombre impressionnant de chapelets et perles d'ivoire de “patrenostres”.
Ce memento mori, d'une taille peu commune, appartient vraisemblablement aux premières productions de l'ivoirier. Le sujet de la Crucifixion, inédit jusqu'ici dans ce domaine, thème encore gothique, est interprété comme au XVe siècle. La langue latine pour l'inscription - et non française - semble confirmer cette hypothèse. Le recours au rehaut de rouge afin de faire ressortir les caractères - comme le montre le monogramme christique gravé au-dessous - est une pratique commune chez Chicart Bailly.
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