Plaque en émail peint polychrome avec rehauts... - Lot 62 - Pierre Bergé & Associés

Lot 62
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Plaque en émail peint polychrome avec rehauts... - Lot 62 - Pierre Bergé & Associés
Plaque en émail peint polychrome avec rehauts d'or représentant en buste Jacques de Balaguier, baron de Montsalès, contre-émail saumoné. Le gentilhomme est représenté tourné de trois-quarts sur la gauche coiffé d'une toque ornée d'une plume et revêtu d'un pourpoint au col cassé ; visage aux traits réguliers, les yeux bleus, le nez légèrement busqué, les moustaches et la barbe fournies et taillées ; il porte un collier avec un médaillon ovale reposant sur la poitrine.
Limoges, attribuée à Léonard Limosin (vers 1505 - vers 1576), vers 1565/70
Hauteur : 14 cm - Largeur : 10,1 cm
(très légers accidents en bordure)
Provenance : collection privée du sud de la France
Ouvrage et lien consultés : S. Deprouw, “Léonard Limosin et l'art du portrait émaillé” dans L'Estampille/Objet d'art, avril 2010, p 65-71 ;
S. Deprouw https://deprouw.fr/blog/leonard-limosin-le-bref-apogee-de-lemail-peint-2/.
Jacques de Balaguier, baron de Montsalès, issu d'une ancienne et puissante famille du Quercy n'a pas usurpé son surnom de “le Brave”. Né vers 1535, il trouva la mort lors de la bataille de Jarnac en 1569. Combattant à cheval, un chef protestant se rapprocha de très près et, relevant sa visière, lui tira à bout portant au visage. Son corps fut porté à Cahors et enterré dans le choeur de la cathédrale dont son oncle, Jacques de Balaguier, était l'évêque. Entre temps il mena la vie d'un homme d'armes combattant entre autres à Metz, à Saint-Quentin ou à Dreux. Proche des cercles du pouvoir, il fut gentilhomme de la chambre de François II et de Charles IX de 1559 à 1563. Il accompagna ensuite le duc d'Anjou, futur Henri III, et fut reçu en 1565 dans l'Ordre de Saint-Michel dont il porte la médaille sur son portrait émaillé.
Le dessin qui servit de modèle à Léonard Limosin est très vraisemblablement une des répliques d'un portrait que François Clouet réalisa vers 1565 qui montre
Balaguier habillé très exactement selon la mode du milieu des années 1560, le collier de l'Ordre autour du cou. Il existe trois copies connues du dessin initial aujourd'hui non localisé : une par Fondette conservée à l'Ashmolean Museum d'Oxford (WA 1863.6.41), une autre se trouve dans le fonds du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, une troisième au Conservatoire national des arts et métiers (III, 7 (7), pl.101, fig.). C'est cette dernière que Limosin a pris avec évidence pour modèle, on y observe en effet les mêmes plis du pourpoint, le haut des manches bouffantes, les broderies ornant la toque et la morphologie identique de l'oreille. Seul le pendant que porte le gentilhomme, présent sur les trois copies, n'a pas été retenu. Durant sa longue carrière, Limosin se révèle bien émailleur des rois, portraiturant François Ier de son vivant, Henri II et Charles IX, mais également les dames de la cour, épouses ou mères des souverains. Il faut ajouter, les grands personnages de l'État comme le connétable Anne de Montmorency ou Jacques Galliot de Genouillac, grand maître de l'artillerie, ainsi que des cardinaux et des évêques de la haute noblesse. Ce portrait de Jacques de Balaguier, inédit à ce jour, personnage proche du cercle royal, dont la qualité d'exécution permet de l'attribuer à ce grand peintre émailleur, constitue une précieuse découverte.
Chaleureux remerciements à Madame Stéphanie Deprouw et à Madame Alexandra Zvereva, historienne de l'art, qui a identifié le personnage et communiqué une note sur sa biographie.
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