Rare paire de jacquemarts automates en cuivre... - Lot 60 - Pierre Bergé & Associés

Lot 60
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Estimation :
8000 - 10000 EUR
Rare paire de jacquemarts automates en cuivre... - Lot 60 - Pierre Bergé & Associés
Rare paire de jacquemarts automates en cuivre et métal fondu (étain ou plomb), polychromés avec restes de dorure, chacun avec la tête et un bras articulé. Ils représentent des soldats, casqués et en armure, une jambe repliée, le bras mobile tenant une hache retournée; armure complète constituée de plaques avec plastron orné de boutons sphériques, ceinturon auquel est attachée une épée. La tête, fondue d'une seule pièce, porte un casque à cimier orné d'un mufle léonin en façade, chevelure milongue tombant dans le cou, visage imberbe aux traits fins.
XVIe siècle
Hauteurs environ: 50,3 cm
Soclée
Provenance: ancienne collection d'un manoir, Dinan (Côtes d'Armor)
Les marionnettes automates en bois ou en métal, dites jacquemarts, destinées à frapper sur le timbre d'une cloche, ont orné très tôt les horloges de beffrois, d'hôtels de ville, d'églises ou de cathédrales et d'autres monuments. On en trouve dans la plupart des pays européens, certaines sont mentionnées dès le XIVe siècle. Les personnages représentés sont très divers, profanes ou religieux. Le thème du soldat est récurrent, parfois associé à la Mort comme en Alsace, aux églises de Thann ou de Benfeld. Plusieurs sont connus en Angleterre sous le nom de Clocks Jacks. Généralement en chêne, l'un d'eux datant de la seconde moitié du XVe siècle est toujours visible à l'église de Southwold, une paire à la cathédrale d'York et une autre encore à la Tour de l'Horloge d'Evesham. Soumis aux intempéries et aux aléas de l'histoire, fragiles de par leur mécanisme, également subordonnés à l'évolution ou à la restauration des mouvements d'horloges, la plupart de ces anciens jacquemarts ont disparu. La nature du matériau, le plus souvent du bois, n'a pas non plus favorisé leur conservation.
Cette paire de jacquemarts d'époque Renaissance est ainsi une véritable découverte. En excellent état de conservation, ils ont dû être démontés de leur emplacement depuis très longtemps pour rejoindre une collection et ainsi être préservés.
Par leur thème, ils sont comparables aux deux soldats, que l'on pense avoir été fondus vers 1478, qui sonnaient les heures au beffroi de la ville de Dubrovnik, anciennement Raguse (fig.).
Ces deux statues grandeur nature, réalisées en bronze, sont vraisemblablement l'oeuvre de Michele di Giovanni, collaborateur du sculpteur et architecte florentin Michelozzo, qui était venu d'Italie sur place pour l'occasion.
La petite dimension de ceux-ci correspond plutôt à une horloge astronomique qu'à un clocher élevé. La position de la jambe repliée indique qu'elle devait s'appuyer sur un élément du décor, vraisemblablement paysagé compte-tenu des feuillages entourant le pied qui est à terre. D'après un horloger, l'amplitude du bras mobile fait penser que ces automates, qui étaient mus par un mécanisme assez simple, devaient sonner de leur marteau l'heure, la demi-heure et probablement le quart d'heure.
Ouvrages et sites consultés: W. Wooding Starmer, “The Clock Jacks of England” dans
Journal of the Royal Musical Association, 6 novembre, 1917; Exposition Ecouen-Zagreb 2004, La Renaissance en Croatie, Musée national de la Renaissance - Galerie Klovi?evi, cat. 34.
www.patrimoine-horloge.f https://www.h-r-z.hr/en/index.php/djelatnosti/konzerviranje-restauriranje/metal/219-dubrovakirzelencil
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