François de CHATEAUBRIAND

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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, [Vallée-aux-Loups] 1er et 15 juillet [1811], à la duchesse de Duras; 3 pages et quart et 4 pages in-8. Sur son projet d'aller s'installer en Russie, la société d'actionnaires pour lui assurer une rente sur ses oeuvres, et son discours de réception à l'Académie. Val de Loup 1er juillet. «Ce n'est point certainement ce hâbleur de G. [le comte Fédor Golovkine] qui fait mes affaires là-bas. Ma soeur ne me croit pas j'espère assez bête pour me confier à un pareil homme. Quoi qu'il en soit, je ne puis guères manquer d'avoir une réponse avant le 20 de ce mois; et, comme vous le voyez, je touche au dénouement de toutes mes incertitudes. Sans doute je préférerois beaucoup l'autre manière d'exister dans ma patrie. Rien ne seroit plus noble et plus beau qu'une pareille vie. Je tâcherois de laisser aux personnes qui m'obligeroient un nom honorable dans un grand monument; tandis qu'en même temps elles ne perdroient rien de leurs avances. Mes neveux fournissant 4000ll je trouverois bien je pense deux autres mille livres dans ma famille. Il ne resteroit donc plus que 6000 autres livres à trouver. Hors entre vous et nos autres amis, cela n'est pas une chose difficile. Comme cela j'aurais 12,000ll par an, et je serois haut et puissant seigneur. D'autant plus que l'Itinéraire me rentre au mois de janvier et les Martyrs dans un an. De sorte que j'aurois réellement une assez grande aisance. Toute la difficulté gît dans le moment actuel. Il me faut d'ici au mois de janvier, pour éteindre les dettes provenues de la banqueroute de Nicolle, une somme de huit à dix mille francs et je ne vois aucun moyen de me la procurer. Il ne faudroit pas pour cela toucher à nos revenus, car cela seroit me replonger dans une suite de difficultés, de privations et d'embarras. Si tout cela s'arrangeoit je passerois l'hyver à la Vallée en cas que vous le passiez à Ussé. Bon jour aimable et chère soeur aimez-moi comme je vous aime, avec une sincérité, une vérité et une tendresse que le temps ne fait qu'augmenter». (CG II 507) 15 juillet 1811. «Toutes vos conjectures sont fausses, chère soeur. Je ne vois point du tout les Polonnoises [la comtesse Mniszech et la princesse Radziwill]. Je leur parle à peine; jamais je ne leur ai dit un mot de mes affaires. La Petite princesse n'a jamais obtenu de moi un compliment; et j'ai rudoyé plusieurs fois sa très bonne, mais très ennuyeuse mère. Quant à Gol. [Golovkine] je ne l'ai vu qu'une seule fois dans ma vie, et c'est ma bête d'aversion. Voulez-vous savoir d'où cela vient? de l'excellente Mde de Grollier, qui aime tous les potins et qui vraisemblablement lui fait des confidences sur mon compte. Il faut le lui pardonner; chacun a ses défauts et quand c'est un véritable intérêt qui nous fait faire des gaucheries on ne peut sérieusement s'en fâcher. Je n'aime point la morale de la fable de l'ami maladroit et je trouve que l'ours fit fort bien de tuer son ami en voulant écraser une mouche: j'aime mieux cet ours là, que l'ennemi le plus discret». Il a vu Adrien [de Montmorency]: «Notre affaire s'arrangera. Mais j'attends toujours le dernier mot de la Rus[sie], car il ne faut pas quand on le peut, être à charge à ses amis. Les tracasseries ont commencé au sujet du 2d discours [de réception à l'Académie], mais je les ai arrêtées d'un mot. Le tout restera comme cela est. J'en courrai tous les risques. Et ne trouvez [vous] pas qu'il y a un repos profond dans ce peu de mots: Comme il plaira à Dieu! Avec cela on dort sur les deux oreilles. La Muse ou le diable me tourmente un peu. Je voudrois travailler et je ne le puis, parce que je veux que mon sort soit décidé avant. Désormais 15 jours au plus finiront mes affaires». Suit une allusion à Natalie de Noailles: «La rue de Cer[utti] est toujours très incompréhensible. Je n'y vais presque plus et je n'en reçois aucune lettre. Comme il plaira à Dieu! [...] Adrien vient dîner ici mardi. Il va beaucoup dans la rue Cer. et il n'a pas passé par Jérusalem. Si cela est je voudrois qu'il me fît moins de caresses. Mais enfin, comme il plaira à Dieu!»... (CG II 511)
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