François de CHATEAUBRIAND

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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, [Vallée-aux-Loups] 22 et 26 novembre 1811, à la duchesse de Duras; 3 et 4 pages in-4. Belles Lettres sur MOÏSE et l'affaire du discours académique. Vendredi 22.... «Je vous ai écrit de Paris à peu près tous les détails de mon affaire. Je suis maintenant fort tranquille dans ma vallée. J'espère que tout est fini, et fini comme vous le voyez comme [je] le désirois. Ainsi tout est bien. Ne parlons plus de cela. [...] Vous me menacez de ne pas venir à Paris? et si je vous fesois la même menace? et si nous allions tous deux en nous menaçant rester tous deux dans notre coin, ou venir tous deux à Paris? Je suis homme à tout faire». Puis il parle d'Adrien [de Montmorency]: «Je l'ai vû. Je reconnois toutes ses bonnes qualités; je lui suis très dévoué; très reconnoissant. Il doit venir me voir la semaine prochaine. Que voulez-vous de plus? Après cela, il me refroidit un peu parce qu'il a pour moi une si grande chaleur que j'ai toute la peine du monde à y croire. Cela est peutêtre bizarre de ma part mais cela est ainsi. Je m'accoutumerai à cette manière trop aimable, alors je serai tout-à-fait à lui». Puis sur Moïse: «Vous croyez donc connoître le sujet de la tragédie? Je crois en effet vous l'avoir conté. J'aurai deux actes en vers et trois en prose. Le troisième acte sera bientôt terminé en vers. J'ai retrouvé ma première lyre dont je me suis servi longtemps avant d'avoir écrit en proses. Je suis fort content; j'ai des choeurs. C'est de la Bible toute pure, toute grande toute noble comme Athalie, à Racine près»... (CG II 539) Mardi 26. «Je suis sans papier; j'ai employé jusqu'au mémoire du cuisinier pour barbouiller le Moyse à mesure qu'il m'inspire. Je trouve pourtant une page unique pour écrire à ma soeur. [...] Je n'ai pas besoin d'être prêché sur A. [Adrien de Montmorency]. Je l'aime beaucoup, et je l'ai invité à venir nous voir à son retour de la Roche- Guyon. Nous arrangerons nos affaires; que ma soeur se tranquillise». Il explique pourquoi il ne s'est pas occupé du protégé de la duchesse auprès de Fontanes: «La première lettre où ma soeur m'en parloit est tombée au milieu de mon histoire, et j'avois la tête en l'air. À présent je suis ici enfoncé dans la solitude et le travail et ne voyant point F... De plus, et c'est là la grande raison, je suis presque brouillé avec lui parce qu'il n'a pas fait pour mon pauvre ami Bertin ce que je voulais qu'il fît; que je me suis fait une loi de ne plus rien lui demander jusqu'à ce qu'il ne m'ait satisfait sur ce point, trouvant indigne qu'il ne serve pas un homme qui m'a rendu d'aussi grands services, et qui a été même son ami. Malgré tout cela je parlerai pour l'enfant recommandé par ma soeur». Il s'inquiète de la santé de la «pauvre petite» (Félicie)... «Savez-vous que je suis presque tenté de refuser vos arbres? Savez-vous pourquoi? C'est qu'à force d'agrandir mon petit parc, j'ai abattu presque tous les murs de mon potager ou masqué les expositions. N'importe; envoyez toujours les tourangeaux», par la Croix de Berny... «Je suis fort tranquille, et fier d'avoir gagné la bataille [du discours académique], mais tellement étonné du paisible résultat que je suis tenté de croire qu'il y a quelque chose de caché au fond de tout cela. Savez-vous que j'ai ri, quand j'ai vû que vous disiez gravement qu'il n'y avoit que 35 lieues de Bellesme à Ussé? En vérité j'aimerois mieux aller vous chercher par Jérusalem. Je suis très en train de causer avec ma soeur ce soir; et s'il n'étoit minuit, si mon papier ne finissoit, s'il ne falloit enfin se séparer de ce qu'on aime le mieux j'écrirois jusqu'au lever du soleil. Supposé qu'il se lève dans ce pays-ci. Be the dear sister of my heart for ever». (CG II 540)
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