François de CHATEAUBRIAND

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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, 14 et 21 décembre 1811, à la duchesse de Duras; 3 pages in-4 et 4 pages in-8. Belles Lettres sur sa tragédie MOÏSE. 14 décembre. «Mille pardons chère soeur. Des affaires et des embarras m'ont attiré à Paris. [...] Enfin me voilà rentré dans ma vallée après 6 jours d'absence et je me hâte de vous écrire. Je ne sais pas si je serai longtemps encore ici; Mde de Ch[ateaubriand] est malade. Je tiendrai le plus longtemps que je pourrai dans ma retraite [...] Je vais mettre à profit ce dernier mois pour planter et pour revoir les trois actes de la Tragédie. M. de F. [Fontanes] les a vus il trouve que mes vers valent au moins ma prose. Me voilà encouragé, car je craignois de n'avoir pas les deux langues, chose si rare, surtout avec une prose de la nature de la mienne, bonne ou mauvaise; plus elle approche de la poësie, plus elle semble exclure le talent des vers». Il a vu Mme de Bérenger et «l'Adrienne» [Mme Adrien de Montmorency]. «Adrien est venu il y a huit jours coucher à la Vallée, nous avons causé de l'arrangement général. Enfin il ne manque plus que vous, et c'est tout, au nombre des amis que l'hyver va rassembler. Paris est bien triste, et pour bien des raisons. Je n'ai point encore entendu parler des petits arbres. Je leur réserve une place choisie. Savez-vous que les petits magnolias ont prospéré? Il n'en est mort qu'un seul. Les fraisiers n'ont pas été si heureux; et par une suite de dérangemens et de travaux dans le jardin, ils ont été détruits. [...] Bonjour très chère soeur écrivez-moi dans ma retraite. Je vais encore y passer un grand mois, et peut-être plus encore». (CG II 542) Samedi 20 [21] décembre. «Vous avez reçu, chère soeur, une lettre de moi qui vous a prouvé que je ne vous oubliois pas. Est-ce que cela est possible? Mais j'ai un nouveau chagrin. Ce n'est pas assez de mes persécutions ordinaires, en voici une toute inattendue. Je suis arraché à ma retraite, devinez pourquoi? pour être juré à Paris. Pas moyen d'échapper. 500 livres d'amende et la prison en cas de refus, ou d'excuses jugées mauvaises. Ainsi au lieu de faire mourir mon Arzane, il faut que j'aille condamner quelques malheureux du Palais royal à la Salpètrière; c'est certainement un tour de mes amis. C'est le deux janvier que commence la session. Elle dure trois semaines. J'étois si bien disposé au travail! Font[anes] m'avoit déclaré que mes vers étoient pour le moins aussi beaux que ma prose. Je voulois vous montrer les cinq [actes] entiers à votre arrivée à Paris [...] je n'aurai que trois actes encore le troisième n'aura pas reçu la dernière main. Vous aurez beau chercher, vous ne trouverez pas mon sujet dans la Bible; il s'agit pourtant de Moyse. Vous demandez quatre vers? en voici trois. Mon jeune Juif répond à ma Diablesse qui veut l'entraîner aux plus grands sacrifices, en ayant l'air de douter de son amour: Laisse-moi conserver cet honneur qui m'anime; Connoître mes devoirs sans te manquer de foi, Appercevoir l'abyme, et m'y jetter pour toi! Vous voyez qu' il aime assez»... (CG II 543)
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