François de CHATEAUBRIAND

Lot 39
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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, 10 et 18 mars [1812], à la duchesse de Duras à Ussé; 1 page in-4 et adresse (un peu salie avec petite déchir.) et 3 pages in-8. Mardi 10 mars. «Venez donc, ne grondez plus; je vous expliquerai tous mes torts. Vous verrez que je n'en ai pas. L'amitié de ma soeur fait mon bonheur. La mienne pour elle est sans borne et sera sans terme. Je serai à Paris dans les premiers jours de la semaine prochaine», à l'hôtel de Lavalette, rue des Saints-Pères. «Je ne vous écris que deux mots parce que je suis dans une grande veine de travail, et que vous aimez ma gloire autant que moi-même. Je la soigne pour vous». (CG II 556) Paris jeudi soir 18 [19] mars. «Chère soeur, voilà un terrible désappointement J'arrivois plein d'espoir, quoiqu'on m'eût écrit de Paris que vous ne veniez plus; je ne voulois pas le croire. Je trouve votre triste lettre [...] et je veux répondre sur le champ pour vous dire combien je vous aime, combien je suis désolé de ne pas vous voir, combien vous me manquez dans la vie, combien votre présence m'est douce et nécessaire. Quand vous conserveriez quelque rancune de ma lettre je la trouverois juste. Je parlois bien contre moi. Je croyois bien parler pour vous, et aujourd'hui que vous ne venez pas, je sens profondément tout ce que je perds. Je ne parlerai plus de vous; je n'en parle jamais que quand on vous nomme; et on est si persuadé de votre bonne place auprès de moi que ce n'est jamais que pour envier votre sort qu'on m'entretient de vous, de vos projets, de vos idées. Je serai très peu de temps à Paris. J'y suis revenu en enrageant de tout mon coeur et seulement dans l'espoir de vous y trouver. J'aime la solitude à la folie, et très certainement si je n'avois pas de liens je ne sortirois plus de la Vallée que pour aller à Ussé. Si vous saviez ce que c'est que Paris! Ce qu'il est devenu depuis votre départ! Quel progrès! C'est bien véritablement un désert pour vous et pour moi. Je n'ai encore vu personne. J'apprendrai beaucoup de choses, à en juger par les journaux. Je ferai le Vendredi-Saint le voyage [à la plaine de Grenelle où son cousin Armand de Chateaubriand a été fusillé]. Je le ferai en pensant à vous. Aujourd'hui ce n'est pas Moyse qui me force à vous quitter. C'est un rumatisme si violent qui me traverse le dos et la poitrine que je puis à peine me tenir autrement que courbé en deux comme Démodocus. [...] croyez que personne au monde ne vous aime plus tendrement que votre frère». (CG II 557)
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