François de CHATEAUBRIAND

Lot 48
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François de CHATEAUBRIAND

3 Lettres autographes, [août 1812], à la duchesse de Duras; 1 page in-8 avec adresse (au château de Chissay), 2 et 2 pages in-8. Séjour à Verneuil chez les Tocqueville. Lundi [3 août]. «Vous voulez un mot à Chissay, chère soeur, je vous l'écris à la hâte, en courant au Jury. Adrien m'avoit dit que vous arriviez le 15, et vous voilà parlant encore du 19. Vous n'avez pas le sens commun. Je serai à Paris pour votre arrivée, malgré vos profondes conjectures; et vous verrez que pour mes affaires, j'y suis tout aussi habile, quoique beaucoup moins intéressé que vous. Venez donc. Il y a un voyage à Bruxelles que vous ne ferez pas, j'espère; dût ma grande ennemie [Mme de La Tour du Pin] sortir une fois dans sa vie de la belle impassibilité que Dieu lui a communiquée. Venez donc. Amitié tendre et sans fin». (CG II 579) 23 Lundi [24 août] Verneuil par Meulan, Seine et Oise. «Voyez si je vous aime; je manque ce matin une grande chasse pour vous écrire. Cette nuit j'ai lu quelque chose de votre Muller [Jean de Muller]. Je n'en suis pas fou. Cette signature du testament, conseiller de S.M. le Roi de Westphalie, me gâte tout. C'est une foiblesse, mais j'en suis plein; et ce n'est pas pour M. Muller que je deviendrai fort. Chère soeur, je ne saurois vous dire combien j'ai été heureux de vous revoir. Mon attachement pour vous augmente tous les jours. Je suis comme je vous l'ai dit le plus stérile des hommes dans l'expression de mes sentiments. Je n'ai qu'une formule; et quand j'ai dit je vous aime, j'ai tout dit. Cela fait des Lettres si courtes, que j'en ai honte. Pour les allonger il faudroit vous parler de moi; et ne connoissez-vous pas ce pauvre moi? Je vous verrai le 1er 7bre. Nous conviendrons du reste de notre automne»... (CG II 582) Verneuil vendredi matin 28 [août]. Il sera au rendez-vous à Paris le 1er septembre. «Le grand serment, vous le connoissez; il est fait pour vous, et c'est très mal de faire à ce sujet l'incrédule. Je ne vous remercie point pour vos soins. Vous remplissez les devoirs d'une soeur aussi bonne qu'elle est bien aimée. M. D. [son notaire Denis] est un brave homme, mais je ne sais si en affaires, il est très actif et très heureux. Je vous écris ces deux mots après une nuit entière passée à la comédie et au bal, et prêt à aller me reposer à la chasse. Voilà une douce vie. Mais tout finit; et il faudra dans quelques jours revenir à la raison. Je suis pourtant peu content de moi; j'ai un fonds d'ennui et dégoût depuis quelque temps dont j'ai mille peines à me défaire. Je ne suis bien qu'avec ma soeur»... (CG II 583)
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