François de CHATEAUBRIAND

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François de CHATEAUBRIAND

8 Lettres autographes, [septembre-octobre 1812], à la duchesse de Duras; 12 pages formats divers, 5 adresses (une lettre un peu salie). Huit lettres, dont quatre inédites, sur son séjour à Verneuil chez les Tocqueville, et la préparation d'une réponse aux attaques contre lui. Verneuil 14 [septembre]. «Chère soeur, pardonnez. Je ne vous écris qu'un mot pour vous dire que je vous aime, que je suis surchargé de travail et que vous saurez tout cela à votre retour à Paris. Je passerai chez M. Lainé vendredi 18. [...] mille et mille serments d'amitié la plus vive. [...] je vais passer jour et nuit à préparer une réponse que vous verrez, si on m'attaque de nouveau». Vendredi 18 [septembre] (adressée au château de Mouchy). «Encore un seul petit mot, chère soeur. Je suis désolé de ce crachement de sang. Soignez-vous au nom de Dieu pour moi qui vous aime avec tant de tendresse. Mon travail est fini, il sera bon; vous le verrez le 15 au soir que je serai chez vous. Mais ne le dites pas. Bon jour, bonheur, joie, attachement! Le Géant [Valery] qui est venu me voir à Verneuil porte ce petit billet à Paris»... [Vers le 25 septembre]. «Je ferai usage de la moutarde, mais tout le reste est impossible. Je suis surchargé d'affaires et je sors pour courir. Je ne lis pas. Tout est arrangé. Je pars à une heure. [...] Venez à la Vallée, mais ayez soin d'indiquer le jour. Il ne faut pas surprendre Mde de Ch[ateaubriand]. À vous pour la vie». (CG II 592) [25 septembre?]. «Vous êtes de parole. Je ne puis attendre plus longtemps. Il est une heure. Vous verriez Mde de Ch[ateaubriand] arriver cette nuit à Paris vomissant du sang. - C'est votre faute. Vous ne verrez la Vallée que dépouillée. Je vous écrirai de Verneuil». [Fin septembre]. «Je sais cela, Mde Rémusat m'en avait averti [publication malveillante d'extraits de l'Essai sur les révolutions], et je ne crains rien. Il suffit de renvoyer ces gens-là à la préface de la 1ère édit. du G[énie] du Christianisme. Ils y verront l'aveu de mes premières erreurs et le motif de mon changement. Je suis là sur un excellent terrain. Je ne demande pas mieux que d'être attaqué là. D'ailleurs le barbouillage d'un écolier de dix 7 ans est plein d'honneur et de bons et hauts sentimens; mais c'est un galimatias. Je souffre beaucoup de la fièvre. Je suis fort tranquille d'ailleurs». (CG II 591) [Fin septembre]. «J'ai un peu de mal à la tête, mais je crois que c'est du rhume. Je verrai le chirurgien d'ici, qui est habile homme. Je ne veux point du tout mourir du coup d'une clef chez un notaire. La belle fin! figurez-vous mon successeur [à l'Académie] racontant ma mort aux amis de Chén[ier]! Vous avez bien tort. Je ne fais point du tout ce que je veux, et dans ce moment Mde de Ch[ateaubriand] est assez malade. Je viens d'écrire une longue lettre à notre grande amie [Mme de Bérenger], vous voyez comme je suis vos ordres. Je suis enchanté que la Vallée vous plaise. Vous voyez ce que je puis faire avec le temps, comme je cultive ce que j'aime et comme j'ai autant de patience que d'ardeur dans mes attachements. Achetez donc la maison du voisin et jettons le mur par terre. Mon Dieu que ne fait-on ce qu'on veut et pourquoi la vie est-elle aussi pleine d'entraves et de soucis! Ce ne sont pas deux mots. Je les ai réservés pour la fin et vous ne trouverez qu'ici la chère soeur qui vous fait frémir. Écrivez-moi je vous réponds que mes Lettres à présent seront longues et que je trouverai enfin le moyen de varier l'expression de mon tendre et éternel attachement. J'ai tant de Lettres à écrire et à répondre que je ne commencerai les mémoires que dans trois ou quatre jours»... Il joint à la lettre une petite carte laissée par «un des voyageurs inconnus à la Vallée» (carte jointe par C. Monnard)... (CG II 596) 5 octobre. «Vous ne dites pas le jour fixe de votre retour, et j'ose à peine vous écrire dans la crainte que vous ne soyiez plus à Bruxelles. Je hazarde ces deux mots pour vous dire que je serai certainement à Paris pour vous recevoir. Il y a plus; je crois que je vais y revenir beaucoup plutôt que de coutume; c'est-à-dire à peu près comme vous. Je vous laisse à penser si vous êtes pour quelque chose dans cette résolution. Bon jour soeur bien-aimée. Oui; prenez-moi tel que je suis; si j'ai pour vous autant d'amitié que vous en avez pour moi qu'importe notre diverse manière de l'exprimer?»... Ce mercredi 14 [octobre] (lettre adressée à Bruxelles). «Point de Lettres de vous! Je suis inquiet. Je vous ai écrit deux fois. Nous ne retournons plus à la Vallée que de samedi prochain en huit, c'est-à-dire le 24 de ce mois à peu près au moment de votre retour. [...] Je ne vous écris qu'un mot chère soeur et ce mot doit vous dire un million de choses de tendresses et d'amitiés» (CG II 601)
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