[DAMIENS (Robert-François)]

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[DAMIENS (Robert-François)]

Reflexion sur l'attentat du roy, 1757. Manuscrit; cahier de 20 pages petit in-4 (lég. mouill.). Intéressante réflexion politique sur l'attentat du 5 janvier 1757 et les motifs du coupable. Le règne calme de Louis XV n'ayant semble-t-il engendré aucun soulèvement ni sentiment de révolte au sein de la société, on s'interroge sur les motifs qui ont pu pousser Damiens à agir. On rappelle notamment les disputes ecclésiastiques; mais si certains points ont opposé le clergé et la cour, ils n'ont néanmoins pas fait l'objet de conflit et, de manière générale, "lesprit de subordination et le regne des lois sont affermis partout"... Rien ne laissait supposer que quelqu'un pût en vouloir à la personne du roi... Les ennemis de la France tels l'Angleterre, la Prusse, sont également évoqués mais rapidement exclus des hypothèses, incapables "dassé de férocité pour faire la guerre par la voix d'un asasinat si affreux"... Seule une manipulation extérieure par un groupe d'influence semble pouvoir expliquer qu'un homme comme Damiens ait pu commettre un régicide: "si il est né, et si il a vaincu dans une condition base come on l'assure il est evident que par ce seule fait que ce n'est qu'un emisaire d'enemie secrès, qui lui ont comunique leurs fureurs. Un homme sans noms sans etat dans la societe civille ne peut avoir aucune sorte de mecontentement personnel qu'il lait armé contre son roy"...Il importe d'éclaircir de qui il aurait pu recevoir ses ordres car tant que ce point restera en suspens, le roi ne sera pas en sécurité, un autre meurtrier pouvant être armé; on rappelle ainsi les attentats auxquels échappa Henri IV avant de périr sous les coups de Ravaillac... Il faut chercher les vrais coupables et prévenir toute récidive... On fait allusion à l'agitation des Jésuites, considérés comme un corps à part dans la société, "ou enemie ou courtisant de l'episcopat suivant qu'il le trouve favorable ou contraire à leurs vües", un corps très uni ayant dans le passé déjà joué un rôle dans l'agitation des esprits et perpétré quelques assassinats: "il faut plus de preuve pour leur imputer l'assassinat mais c'est assez pour les soupçonne"... S'il s'avère, comme les juges le soutiennent, que Damiens a vraiment agi seul, sans complice, "on ne persuaderat jamais au public qu'un homme d'une condition serville, qu'un laquais en un mot se seroit determiné par malice propre, sans impression recüe dailleurs, sans interet d'aucun genre, sans aucune sorte de seduction, à enfoncer le poignard dans le sein dun roy à qui il estoit inconü, et qui ne lui avoit fait aucun male". On croira simplement qu'on a fermé les yeux sur ses influences, ce qui risque de créer un climat suspicieux au sein de la société. Damiens était depuis longtemps connu de la police comme "scelerat" et "coquin" et ce n'est précisément qu'une personne de sa trempe que l'on peut convaincre de tuer son roi: "si l'on echaufe une pareille tête, par des images afreuses de l'enfer est-il bien dificil de lui persuader de s'en racheter lorsqu'on lui presente un moyen asorti a sa seleratesse"... Si on lit l'événement à la lumière du passé, on peut difficilement y voir autre chose que l'acte d'un fanatique "quel interest humain pouroit y determiner et ou pouroit-on esperer de jouir du fruit de son crime"...
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