[DAMIENS]

Lot 39
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[DAMIENS]

Pièces originales et procédures du procès fait à Robert-François Damiens, tant en la prévôté de l'Hôtel qu'en la Cour de parlement. Paris, Pierre-Guillaume Simon, 1757. In-4 sur deux colonnes, veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de veau havane, roulette dorée encadrant les plats (reliure du début du XIXe siècle). Édition originale au format in-quarto, éditée en même temps que celle en quatre petits volumes indouze. Recueil complet des pièces du procès de Damiens, rassemblées par André Le Breton, greffier du Parlement. Il est d'autant plus précieux que les feuillets originaux du registre ont été arrachés par la suite. Précédé d'une biographie du régicide, il est suivi d'une Table des matières, tirée après coup, et vendue séparément. Le 5 janvier 1757, un déséquilibré porta un coup de canif dans le dos du roi. À la Cour, la confession du monarque qui se croyait à l'article de la mort laissait présager que "le règne des prêtres allait succéder à celui de la favorite". On considérait Mme de Pompadour comme le mauvais génie du règne qui contribuait à isoler le roi de son peuple. Damiens avoua qu'il fallait que le Roi fût touché pour le rappeler à ses devoirs, afin qu'il se repentît d'une vie déréglée. Le 1er février, la favorite reparut à la Cour plus puissante que jamais. Elle obtint même le renvoi des deux ministres, Machault et d'Argenson, qui avaient conseillé son départ. Le 28 mars, grand spectacle d'expiation. Après la barbarie des interrogatoires, Damiens fut soumis aux plus affreuses tortures. On lui versa du plomb fondu sur les plaies, puis on procéda à l'écartèlement (page 397). Son supplice dura quatre heures. Les Mémoires de Mme Du Hausset (1985, p. 127), première femme de chambre de la marquise de Pompadour, rapportent que le Roi restait persuadé que les propos séditieux tenus par les magistrats chez lesquels avait servi Damiens étaient à l'origine de l'attentat. Peu de temps après son exécution, il confia à la marquise: "Sans ces conseillers et ces présidents, je n'aurais pas été frappé par ce monsieur (il appelait toujours ainsi son assassin). - Ah ! Sire, s'écria Mme de Pompadour. - Lisez le procès, répondit-il; ce sont les propos de ces messieurs qu'il nomme, qui ont bouleversé sa tête."On trouve, reliées à la suite, six pièces imprimées: - Relation de l'exécution de Damiens, qui a été faite le lundi 28 mars 1757. 10 pp. - Arrest de la cour de parlement, qui condamne différens libelles à être lacérés & brûlés dans la cour du palais par l'exécuteur de la haute-justice, 30 mars 1757. 4 pp. - Extrait des registres du parlement du mercredi 3 novembre 1757 [-29 novembre 1757]. 6 pp. - Arrest de la cour de parlement contre Robert-François Damiens, par lequel il est déclaré dûement atteint & convaincu du crime de parricide par lui commis sur la personne du roi. Paris, 1757. (1) f., 13 pp. - Arrest de la cour de parlement, contre la famille de Robert-François Damiens. 1757. 4 pp. - L'Aigle et le vautour. Fable [par l'abbé Aubert, mars 1757]. (1) f. On joint quatre estampes de l'époque, légendées en italien, relatant le crime et le supplice de Damiens: deux de grand format (environ 43 x 35 cm) et deux plus petites (30 x 19 cm). Bel exemplaire, au format in-quarto, complet de la Table. Petites traces d'usure à la reliure. (Conlon, Le siècle des Lumières VIII, n° 57: 326.- Camus, Bibliothèque choisie des livres de droit, 1832, n° 2379.- Le Clère, Bibliographie critique de la police et de son histoire, 1980, n° 1064.)
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