CONDORCET (Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de, 1741-1794)

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CONDORCET (Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de, 1741-1794)

Mathématicien, philosophe et économiste; député, conventionnel (Aisne), il fut arrêté comme Girondin et s'empoisonna. MANUSCRIT autographe, [1792]. 7 pages et demie in-4 d'une petite écriture, avec de nombreuses ratures, corrections et additions. Important et long texte sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Brouillon de premier jet, abondamment raturé et corrigé, d'un texte qui semble resté inédit. En tête, une note au crayon de Condorcet précise: "Ce n'est pas une suite mais un morceau qu'il faut copier à part". On en retrouve les idées dans le Discours sur l'office de l'Empereur (25 janvier 1792), le Projet d'une exposition des motifs qui ont déterminé l'Assemblée Nationale à décréter sur la proposition formelle du Roi, qu' il y a lieu de déclarer la guerre au Roi de Bohême et de Hongrie (20 avril 1792), et surtout dans les adresses La République Française aux hommes libres et Aux Germains (1792). Nous ne pouvons ici que résumer les grandes lignes de ce long texte. "Les hommes ne se sont réunis en société, que pour s'assurer la jouissance entière et paisible des droits qui resultent de leur nature. L'égalité est un de ces droits, et seule elle suffit pour garantir la conservation de tous les autres, puisque personne ne peut être tenté d'introduire une oppression dont le poids retomberait sur lui-même". Tout peuple est maître de conserver ou recouvrer ses droits... "Si donc un peuple a recouvré ses droits, s'il a pu remonter jusqu'à l'égalité naturelle, les chefs des autres nations qui s'uniraient pour lui ravir sa liberté, pour le forcer à rétablir l'inégalité ou à conserver les formes corruptrices de la monarchie seraient non les ennemis de ce peuple seul mais ceux de toute la grande famille humaine"... etc. L'Allemagne n'a donc pas le droit d'exiger que les Alsaciens "restent sous le joug de la féodalité"... Les peuples ont également le droit de "changer la constitution sous laquelle ils vivent (...) Les habitants de la Germanie ont donc le droit de détruire aujourd'hui la féodalité, de se réunir dans une grande république"... etc. Condorcet rappelle aux "descendans d'Arminius et de Vetikond, compatriotes de Kepler et de Leibnitz" leur "antique amour de la liberté (...) L'Europe vous doit l'imprimerie ce boulevard éternel des Droits de l'espèce humaine"... Condorcet rappelle aussi l'exemple de Luther qui a combattu "la tyrannie par la raison et la superstition par le ridicule"... Condorcet laisse aux Germains la sagesse de fixer l'époque de la reconquête de leur liberté, mais les conjure de ne pas combattre la République: "Laissez du moins vos princes, vos maîtres, vos prêtres et vos nobles nous faire seuls une guerre qui ne peut être utile qu'à eux seuls; ne nous forcez pas à répandre le sang des hommes, quand nous voudrions ne combattre que leurs ennemis".
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