[SUPPLICES CHINOIS]. Supplices des "cents...

Lot 407
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[SUPPLICES CHINOIS]. Supplices des "cents...

[SUPPLICES CHINOIS]. Supplices des "cents morceaux", décapitations et procession. [Pékin, place Caishikou, octobre 1904-10 avril 1905]. Album in-8 monté en accordéon, contenant 52 photographies originales: ais de bois japonais laqués, de l'époque, décor sur le plat supérieur. Exceptionnel album de 52 photographies originales témoignant notamment des dernières exécutions par "lingchi" à Pékin, en 1904-1905. Le "lingchi" ou le supplice "des cent morceaux". Infligé dans le cadre d'une condamnation à mort pour crime d'une gravité exceptionnelle, le lingchi fut officiellement aboli par décret impérial, le 24 avril 1905, suite à l'exécution de Fu-Zhu-Li, représentée ici. Démembré vivant, avant d'être décapité, le supplicié recevait une dose d'opium de façon a être dépecé plus lentement, d'où également l'appellation de "mort languissante". Historien et sinologue, Jérôme Bourgon est parvenu à décrypter ces documents par l'image. Il a identifié les suppliciés, daté et situé les scènes. Il nous permet surtout de comprendre pourquoi le lingchi n'a cessé de hanter l'imaginaire d'un Occident enclin à "exorciser sa fascination pour la cruauté en la projetant sur l'Orient".Peu d'images furent divulguées en Europe: quelques reproductions dans des ouvrages sur la Chine (notamment ceux de Carpeaux et de Matignon), une série de douze cartes postales imprimées en Chine vers 1910 et des vues stéréo sur plaque de verre (musée Niépce). L'une d'elles, le visage d'un jeune supplicié, impressionna tant l'écrivain Georges Bataille dans les années 20 qu'il l'a reproduisit quarante ans plus tard dans son oeuvre testamentaire: "Ce cliché eut un rôle décisif dans ma vie. Je n'ai pas cessé d'être obsédé par cette image de la douleur, à la fois extatique et intolérable" (Bataille, Les Larmes d'Eros, 1961). Le reportage pékinois. Comme pour un autre album connu, celui-ci renferme les photographies prises par un Marsouin, relevant de ces unités d'infanterie de Marine venues mater la révolte des Boxers. On distingue trois exécutions par lingchi, plusieurs décapitations, avec expositions des corps et des têtes dans la rue. Selon les recherches de Jérôme Bourgon, les supplices eurent tous lieux place Caishikou (littéralement, carrefour du marché aux légumes), à Pékin, entre octobre 1904 et le 10 avril 1905. On y voit le supplice de Wang Weiquin (octobre 1904), un notable condamné pour avoir abusé de son pouvoir et supprimé toute une famille d'une douzaine de personnes. Celui de Fu-Zhu-Li (10 avril 1905) est le dernier en date avant le décret d'interdiction. Outre plusieurs scènes de décapitation, dix photographies rendent compte des processions qui précèdent l'exécution. L'une d'elles figure le juge assis sous une tente, entouré de ses assistants: le condamné lui est présenté. On remarque également un groupe de Marsouins français prenant la pose devant les têtes exhibées. Les photographies ont été montées dans un de ces albums vierges qui pouvaient être acquis à l'époque sur place. Plié en accordéon, le premier plat en bois laqué est orné d'une vue du mont Fuji. (Bourgon, Obscene Vignettes of Truth Construing Photographs of Chinese Executions as Historical Document, in Visualising China, 1845-1965, Brill, 2013, pp. 39-91.- Le Dernier lingchi. Faits, représentations, évènements, Études chinoises, vol. 25, 2006, pp. 113-171.- Supplices chinois, Bruxelles, 2007).
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