MANET (Édouard)

Lot 188
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MANET (Édouard)

Correspondance adressée à Félix
Bracquemond.
Paris, Arcachon, Boulogne-sur-Mer [1864-1876].
Ensemble de 44 lettres autographes signées, une carte de visite avec mention autographe et une lettre de Suzanne
Manet, adressées à Bracquemond.
58 pages in-8, in-12 ou in-16, sur divers papiers vergés, bleus ou à carreaux, portant parfois les chiffres «M» ou «SM» (pour
Suzanne Manet, sa femme), montées sur onglets et reliées dans un volume in-8, percaline bleue à la Bradel, titre en long.
Important recueil de 44 lettres autographes adressées par Édouard
Manet à son ami Félix Bracquemond (1833-1914).
Le peintre évoque leurs affaires artistiques: l'ex-libris que
Bracquemond réalisa pour lui ou le portrait qu'il peignit du maître; la famille et leurs amis proches: l'éditeur Poulet-
Malassis, Madame Manet mère, le peintre Henri Fantin-Latour, les frères Goncourt, etc.
L'important portrait de Manet par Bracquemond:
Manet, qui travaillait alors à ses Anges au tombeau du Christ, (tableau qui sera exposé au Salon de 1864), propose à Bracquemond de fixer une séance de pose par semaine: «Mon cher ami, je suis tous les jours à mon atelier jusqu'à quatre heures, et, le mardi, vous me trouverez à partir 5 heures chez moi 34 Bd des Batignolles. Je voudrais vous voir cependant, pour fixer un jour par semaine pour une pose. C'est peu, mais vous aurez le temps de finir mon portrait p. l'exposition, et moi qui suis en retard je ne perdrais pas trop de temps. Tout à vous.
Ed. Manet». (Sans lieu, ni date [Début 1864]. 1 pp. in-16).
«Mon cher Bracquemond, j'espérais aujourd'hui votre visite et pensais vous faire mes compliments sur votre portrait. J'ai regretté cependant que vous n'ayez pas soutenu les mains comme vous avez fait de la tête qui est très bien en somme et vous fera grand honneur. A demain après-midi si vous pouvez.
Tout à vous. Ed. Manet». Sans lieu, ni date «Samedi soir» [Début 1864]. 1 pp. in-8.
De l'inspiration et de l'amitié:
Manet quitte Paris pour séjourner, mi-juillet 1864 à Boulognesur-
Mer: «Mon cher Bracquemond, Quoique je me trouve très bien de mes bains de mer, nos discussions sur le grand art me manquent, et puis il n'y a pas de café de Bade ici.
J'ai déjà fait quelques études de pleine mer avec petits bateaux. Je suis allé dimanche visiter le Kearsage qui était en rade de Boulogne. J'en rapporterai une étude. Si vous savez quelque chose de nouveau, écrivez-moi. Je suis friand de nouvelles notre ami Baudelaire est-t-il de retour à Paris ?
Dites des choses de ma part à Lejosne, [chez qui il fit la connaissance de Baudelaire] à Fioupou, à Stevens, à tous nos amis de Bade. Adieu cher ami, je vous serre la main. Ed.
Manet». (2 pp. in-16).
Salon de 1865: «Mon cher Bracquemond, je vous remercie d'avoir pensé à mon exposition, je suis tout prêt mais à qui faut-il s'adresser.
Si j'allais faire une visite à Petit ? Si encore j'écrivais un mot à Chesneau qui me montre quelque sympathie, et qui pourrait combattre l'hostilité de ce grand pendard de N. - Venez donc mardi avant le diner au Café de Bade, ou écrivez-moi votre avis. J'ai reçu une lettre de Baudelaire qui me charge de ses amitiés pour vous. Je vous serre la main. Ed. Manet». (Sans lieu, ni date [1865]. 1 pp. in-8).
Selon Jean-Paul Bouillon, il faut «vraisemblablement dater de février-mars 1865 cette lettre où le peintre, inquiet du sort des tableaux qu'il présente au Salon (Olympia et Jésus insulté par les soldats) cherche à s'assurer des soutiens efficaces».
Manet et la Commune:
Manet évoque La Commune dans une lettre datée du 18 mars 1871, à Arcachon: «[...] je ne pensais pas que la France puisse se faire représenter par des gens aussi gateux sans excepter ce petit Thiers [qui] j'espère va crever un jour à la Tribune et nous débarrasser de sa vieille petite personne [...]» et s'emporte, dans un courrier rédigé trois jours plus tard, le 21 mars. (4 pp. in-8): «Mon cher Bracquemond nous vivons dans un malheureux pays où on ne veut renverser le gouvernement que pour en faire partie, d'hommes désintéressés, de grands citoyens de vrais républicains il n'y en a pas. Des hommes de parti, des ambitieux, des Henry succédant aux Milliere, des imitateurs grotesques de la commune de 93, de laches assassins fusillant deux généraux, l'un parce que, dans le moment il faisait son devoir l'autre parce qu'il avait eu le courage de flétrir la conduite de ces porte-la patte devant l'ennemi. Gens qui vont tuer dans l'opinion publique l'idée juste qui commencait à s'y faire que le seul gouvernement des honnêtes gens, des gens tranquilles, intelligents était la république et que nous pouvons par cette forme seule, nous relever aux yeux de l'Europe de nos épouvantables désastres.
Il faut connaître la province pour se douter de sa haine pour
Paris. [...] Comme toutes ces sanglantes farces sont favorables aux arts! [...]».
Le Recueil se termine par une lettre de félicitation de Madame
Manet, sur papier de deuil, qui pourrait vraisemblablement faire suite à la nomination de Bracquemond au rang de chevalier de la Légion d'honneur.
Quelques lettres furent partiellement publiées dans Le Figaro, en 1923, et reprises dans un article de Jean-Paul Bouillon publié dans la Gazette des Beaux-arts, Janvier à Juin 1983.
Nous remercions ce dernier de son assistance
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