SAM FRANCIS (1923-1994)

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SAM FRANCIS (1923-1994)

Sans titre, P90-16, 1990
Acrylique sur toile.
Signée deux fois des initiales, référencée et datée au dos ''SF P90-16''
Acrylic on canvas.
Signed twice by the initials, referenced and dated on the back ''SF P90-16''
H_286 cm L_582 cm
Provenance: collection privée “Sam Francis a toujours cru dans les pouvoirs supérieurs de l'imagination. Les boules bleues des « Blue Balls » étaient, rappelons-nous, des êtres très réels produits par la mathématique, de son imagination. Cette puissance visionnaire, il l'a cherchée d'abord chez les poètes, chez Blake, chez Eliot, chez Pound ou Hölderlin. A partir des années 70 il s'est tourné du côté de la pensée de Jung et de ses conceptions du rêve. Il a suivi des séminaires sur
Jung et même réalisé un film sur lui.
Cet intérêt pour la psychanalyse jungienne de préférence à celle de Freud, surprend quand on se place du point de vue de l'individu et de son rapport à ses propres vécus. Une psychanalyse qui se concentre sur l'individu, son histoire, ses fantasmes, son mal-être ou ses expériences de satisfaction permet en effet, en termes de thérapie, des transactions plus satisfaisantes avec la réalité. En revanche, du point de vue de la création, si elle répond en partie à la question de savoir ce qui rend tel ou tel artiste créatif ou l'empêche au contraire de créer, elle répond très mal au désir de comprendre la signification transindividuelle des oeuvres, ce qui, en elles, est porteur de significations permettant au spectateur de s'installer en elles pour y trouver son propre bien.
C'est la raison pour laquelle beaucoup d'artistes tendent à se tourner du côté de Jung plutôt que de Freud, avec le sentiment que les rêves et visions saisis à travers formes et couleurs dépassent leur propre subjectivité et ont une valeur intersubjective. Dans le contexte de la recherche par les expressionnistes abstraits des éléments d'une mythologie nouvelle, Pollock, avait, lui aussi, manifesté son intérêt pour Jung.
Pour Sam Francis, au commencement est l'imagination, c'est-à-dire l'image - et l'image nous vient en particulier sous la forme des visions du rêve. [...]
En fait, les visions du rêve et de l'imagination passent directement dans la peinture - à moins que les visions de la peinture ne hantent les rêves et l'imagination. Mais quelle peut-être la différence dès lors que la force de l'obsession est la même ? Le rêve - auparavant l'imagination - et la peinture s'échangent et l'on ne discerne pas bien si la peinture rêve sa peinture ou si la peinture, à l'inverse, fait rêver le peintre.”
Sam Francis, edition Cantz Karl Gunnar, Pontus Hulten.
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