JEAN-MICHEL FRANK (1895-1941)

Lot 55
Aller au lot
30 000 - 50 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 37 700 EUR

JEAN-MICHEL FRANK (1895-1941)

Cartonnier à neuf casiers
Chêne gainé de cuir cousu sellier Hermès et bronze
Estampillé «J.M.FRANK», «CHANAUX & Co» et «HERMÈS 13»
Numéroté «15010» au revers
Vers 1935
H_81,5 cm L_112 cm P_32 cm
Un certificat du comité Jean-Michel Frank sera délivré à l'acheteur

A stamped filing cabinet in oak, leather and bronze by Jean-Michel Frank numbered «15010» and stamped «CHANAUX & Co» and «HERMÈS 13».
The Jean-Michel Frank Comittee will provide a certificate for this lot

Provenance:
- Collection Madame Stanley Resor, États-Unis et par descendance
- Vente Sotheby's, Paris, le 25 novembre 2014, lot n°4
- Collection privée, Paris

Bibliographie:
- Josette Devin, «Jean Michel Frank, un créateur oublié», L'oeil, Mai 1963, p. 51.
- Léopold Sanchez, Jean-Michel Frank, Paris, 1997, p. 174-175, 186-187.
- François Baudot, JM Frank, Paris, 1998, p. 70-71.
- Pierre-Emmanuel Martin-Vivier, Jean-Michel Frank, L'étrange luxe du rien, Paris, 2006, p. 47.
- Jean-Michel Frank, un décorateur dans le Paris des années 30, catalogue d'exposition, Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent, Paris, 2 octobre 2009 - 3 janvier 2010, p. 71.
Jean-Michel frank
Deux meubles rares
Jean Michel Frank (1895-1941) est un des principaux décorateurs français de la période Art Déco. Introduit dans le monde intellectuel et artistique parisien, il fréquente quelques personnalités parmi lesquelles Louis Aragon pour qui il s'improvise décorateur. Son style attire l'attention d'autres personnalités ouvertes à la modernité qui, bientôt, lui confieront à leur tour l'aménagement de leurs intérieurs.
Dès ses premières réalisations, il affirme une volonté de dépouiller les meubles, de détourner les usages, de purger les espaces existants de leur trop-plein décoratif et de laisser respirer des lieux. En rationalisant la décoration intérieure, il évite tout ornement superflu et atteint la beauté par des volumes simples et bien équilibrés. Chez lui, ce que la forme perd, la matière le gagne. À ce titre, François Mauriac parlera «d'esthétique du renoncement». Jean-Michel Frank réalise en juin 1926 l'aménagement d'un grand fumoir, d'une antichambre et d'un boudoir au premier étage de l'hôtel particulier de Charles et Marie-Laure de Noailles, place des Etats-Unis à Paris. Il casse les conventions de la demeure aristocratique et contrebalance cet hygiénisme de façade par l'utilisation de matière noble: le parchemin, les plaques de mica ou encore la marqueterie de paille iront jusqu'à faire circuler à son égard l'expression suivante «Frank met Paris sur la paille» (Josette Devin, Jean-Michel Frank, Un créateur oublié, L'oeil, mai 1963). Des décennies plus tard, en 1973, Yves Saint Laurent évoquant son musée imaginaire pour le magazine Vogue parlera d'ailleurs du grand fumoir Noailles comme de la «huitième merveille du monde».
À la fin des années 1920, Jean-Michel Frank s'associe avec l'ébéniste Adolphe Chanaux (1887-1965), très au fait des matériaux, des techniques et des savoir-faire. Au même moment, une collaboration se met aussi en place avec les jeunes sculpteurs suisses Alberto et Diego Giacometti. En mars 1935, une boutique Jean-Michel Frank s'ouvre rue du Faubourg Saint-Honoré. Les commandes affluent et proviennent même des États-Unis, avec l'aménagement d'intérieurs de milliardaires américains, tels la maison de Charles Templeton Crocker à San Francisco ou l'appartement de Nelson Rockefeller à New York.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue