Remy de GOURMONT.

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Remy de GOURMONT.

Correspondance adressée à Alfred Jarry. Automne 1894-printemps 1895.
11 lettres autographes signées, dont deux à l'état de fragment ; en tout 28 pages de formats divers, 4 épreuves d'impression.
Importante correspondance adressée par Remy de Gourmont à Alfred Jarry durant son service militaire : elle livre une mine de renseignements sur la création du deuxième numéro de L'Ymagier, la revue que venaient de fonder les deux amis (octobre 1894).
Jeune écrivain de 21 ans, Alfred Jarry avait fait son entrée dans le monde des lettres depuis peu grâce au soutien de Remy de Gourmont, son aîné de quinze ans. Son premier livre, Les Minutes de Sable mémorial, avait été publié au début du mois d'octobre au Mercure de France. Son mentor lui envoie ainsi dans sa première lettre un article élogieux de Gustave Kahn : il l'assure également de la publication de son Acte héraldique dont il a confié le manuscrit à Vallette.
C'est à partir de la deuxième lettre, rédigée vers novembre 1894, que Gourmont commence à évoquer clichés et tirages des gravures pour la deuxième livraison de l'Ymagier. En l'absence de Jarry, il organise l'édition par correspondance.
Vers le 3 décembre 1894, les préparatifs battent leur plein. Le numéro doit paraître le 10 janvier et le temps presse. Gourmont supervise l'impression des gravures, reçoit encore des articles, attend celui de Jarry sur Les Monstres et décide du papier. Il préfère notamment attendre pour les japon : "Nous savons le prix ; il sera toujours temps et je voudrais pour cet essai que l'Ymagier fût un peu plus répandu."
Enfin, il apporte également quelques bonnes nouvelles pour la suite de l'entreprise : "Mallarmé nous a procuré un abonnement ; cela fait le 4e depuis votre départ ; deux par semaine ; cela marche, certainement.
Vu Gauguin qui nous prépare un bois. Filiger a envoyé un joli joueur de violon [...], tonalité de la Ste
Cécile, à vendre si nous pouvons."
Une épreuve imprimée de la page 138 de l'Ymagier n° 2, avec ajout autographe de Gourmont, jointe à la lettre, mentionne en effet les gravures de Gauguin et de Filiger.
Les deux lettres suivantes ont été rédigées au dos d'épreuves d'impression.
La première est accompagnée d'un tirage d'essai au format in-folio d'un des bois indochinois illustrant le texte de Jarry sur Les Monstres, avec note autographe de Gourmont.
La seconde s'interroge sur l'impression en or d'un bois russe sur la couverture "pour stupéfier les gens simples". Remy de Gourmont est confiant quant au succès de ce deuxième numéro - "très beau, même trop beau" - et a bon espoir de pouvoir faire paraître "un numéro tous les deux mois à partir de l'année prochaine, sans autres sacrifices".
Cette lettre est accompagnée d'une épreuve imprimée recto verso du saint russe en or et de Sainte
Madeleine "en rouge, or par dessus qui serait offert aux éditions de luxe".
Le 27 décembre, le numéro est "fini et prêt à partir vers les plus lointains pays". Gourmont est impatient de le montrer à Jarry qui attend une permission. En même temps, l'Ymagier "s'est acquis une succursale passage du Pont-Neuf, chez un marchand d'estampes, moyennant de bonnes paroles, - et nous y étalerons, dans une travée spéciale tous nos ymagiers, images, livres, dessins, etc."
Le 31 décembre, il déplore l'absence de Jarry qui n'a pas obtenu sa permission : "Je comptais passer au moins deux bonnes journées avec vous, nous revoir enfin et renouer le fil de la tapisserie. Jusqu'au dernier moment possible j'attendrai ; les méchants (comme dit Filiger) dont vous êtes prisonnier vous lâcheront peut-être à la minute qu' il faudra."
Le brochage sera fini dans les deux jours. Gourmont craint des ennuis avec les autorités en raison de la collaboration de Jarry, alors sous les drapeaux.
Il commence dans le même temps à réclamer l'argent promis par Jarry pour financer la revue.
Ces questions financières se poursuivent dans les deux dernières lettres, rédigées après la publication du numéro.
La dernière lettre a été rédigée peu avant la parution du troisième numéro "très simple, assez uni, avec un livret énorme". A côté, son prédécesseur ne lui "paraît plus très beau [alors qu'il] a coûté fort cher, trop cher et tout n'est pas payé". En général, sa situation financière est assez précaire, aussi attend-il avec impatience la mise en vente du numéro.
La correspondance est un des rares documents témoignant de l'amitié éphémère qui lia Gourmont et Jarry.
"...Je suis sûr d'avoir élu une amitié vraie et une intelligence vraie : vous ferez de très originales et très belles choses et je croirai que vous les faites un peu pour que je ne sois pas démenti ; [...] vous savez que je proclame toujours que la condition première de l'art est le Nouveau c.à.d. le personnel, - et vous avez ça [...]", lit-on dans la deuxième lettre.
Ou dans ce fragment de lettre écrite en décembre 1894 "énervé et ennuyé, glacé par un vent chargé de neigeures,
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