JEAN DUBUFFET.

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JEAN DUBUFFET.
Douze lettres adressées à André Castel ou à son épouse. Paris, El Goléa, [vers 1947-1948].
2 lettres autographes signées, dont une illustrée d'un dessin, et 10 lettres dactylographiées signées, dont deux avec ajouts autographes, de formats divers (10 au format in-8 et 2 au format in-4).
Importante collection de douze lettres signées, dont deux autographes, adressées par Jean Dubuffet à André Castel ou à son épouse : une est illustrée d'un amusant dessin original figurant deux chameaux et un palmier.
Fameux aficionado nîmois, André Castel fut le guide ès tauromachie d'une génération de peintres et d'écrivains qu'il menait assister aux corridas. Ainsi se croisèrent Bataille, Cendrars,
Dubuffet, Leiris, Masson, Paulhan ou Picasso. En 1955, A. Castel partit s'établir en Espagne.
Lettres d'une grande liberté de ton et pleines d'humour.
Ainsi cette lettre autographe attaquant vivement Picasso : "Picasso, oh non merci. Faux artiste, fausse peinture, fausse gloire. Sale cabotin, faux jeton. Sale type. De vrais artistes, j'en connais. Ça ne ressemble pas du tout à ça." Après une allusion à la préparation de l'Almanach de l'Art Brut, il reprend sa diatribe, expliquant qu'il ne pourra revenir en Arles "pour aller voir ces toros-là et regarder Picasso en train de les regarder. Sûrement qu' il va se faire photographier en train d'estoquer, ce vieux macaque. Il doit être peureux comme un pet."
Intéressant post-scriptum : "S' il y a sur les murs de l'arène de beaux graffitis tauromachiques, faites-les photographier pour moi."
Dans une autre lettre, dactylographiée, sa hargne s'étend de Picasso à Eluard et Zervos : "C'est Picasso qui assomme le monde avec ses toros il n'arrête pas de peindre des toros sur des toiles, sur des pots, sur des assiettes, et à chaque toro qu' il peint les Abbé Morel et les Eluard et les Zervos qui font une tournée de conférences pour expliquer ; à la fin ça fait du tort aux toros tout ce baratin-là."
La lettre adressée d'El Goléa le 18 janvier 1948 est ornée d'un amusant dessin en tête. Dubuffet évoque son voyage en Afrique du Nord "dans ma diabolique machine haut au-dessus des terres et des mers", ses deux semaines dans le Hoggar émaillées de mésaventures et son arrivée à El Goléa "où sévit la tempête, un temps de Cap Gris
Nez ou de Pointe du raz. Les palmiers dansent dans le vent furieux."
Dans une autre lettre, Dubuffet évoque avec humour ses progrès en arabe qu'il dit étudier "avec une outrancière application" : "Pour dire son frère est mort ça se dit métro. Voyez comme c'est bref. Et pour dire : elle est partie, c'est : roti. Et pour dire chambre on dit : bite.
Ça c'est désagréable."
L'ajout autographe, avec notes pour la phonétique, se termine par : "Il y a aussi des mots faciles à retenir comme toumoubil, triciti, chiminn difir etc."
Les autres lettres traitent de la vie quotidienne ; les corridas, le travail, les éditions Gallimard "où je ne sais pourquoi je n'aime pas aller", les livres, un voyage à Alger... "Le temps vous glisse entre les doigts comme une eau vive."
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