PAULHAN.

Lot 236
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PAULHAN.
Entretiens sur des faits-divers.
Portrait de l'auteur par André Lhote. Paris, Société des Médecins bibliophiles, 1930.
In-12 : cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin vert, entièrement non rogné, couverture et dos conservés (Alfred Farez).
Édition originale : elle est ornée d'un portrait de l'auteur par André Lhote reproduit en frontispice.
Exemplaire numéroté sur vélin teinté de Rives.
Amusant envoi autographe signé sur le portrait en frontispice : à Paul Eluard, s' il veut bien me donner des yeux.
21.3.1942 Jean Paulhan
De fait, les yeux de Paulhan dans le dessin paraissent aveugles.
On joint trois lettres autographes signées de Jean Paulhan à Paul Eluard, dont une importante sur le maintien de la Nouvelle Revue française pendant l'Occupation.
Les trois lettres ont été rédigées au cours de l'année 1943 (enveloppes conservées pour chacune ; 27 janvier, 24 mars et 5 novembre).
La plus importante est la première, dans laquelle Paulhan justifie l'autorisation qu'il a accordée à quelques amis de collaborer à la NRF :
Il aurait été prétentieux et un peu ridicule de leur refuser cette permission, qu' ils désiraient avoir. Je la leur ai donnée, le plus vite possible.
Parmi eux, étaient Marcel Jouhandeau, Marcel Arland et - qu' il ne serait pas exact d'appeler mon ami - Jacques Chardonne.
A ma place, aurais-tu refusé ? Je me suis souvent demandé ce qui serait arrivé, si je l'avais fait.
Par ailleurs, je n'ai jamais perdu le contact avec Drieu, et Jouhandeau. Je leur ai dit toujours très nettement ce que je pensais de leurs articles. (Et c'est en appuyant sa dénonciation d'une lettre de moi à Marcel J. que Caryathis a voulu plus tard me faire arrêter.)
Non, tu n'aurais pas refusé, puisqu' à ce moment-là tu collaborais - comme le faisaient Gide et Valéry, comme Mauriac se déclarait prêt à le faire - à la revue. Tu as changé ensuite, comme eux - mais non pas, je pense, pour la même raison. Ç'a dû être, pour Gide et Valéry, les protestations de leurs amis ; pour toi, l'entrée en guerre de la Russie.
C'est là que je crains vaguement que nous ne nous séparions un jour. Je suis contre les A. même s' ils devenaient c. Peut-être es-tu pour les c. même s' ils devenaient Allemands.
Mais je t'embrasse. On est revenus de chez vous tout réchauffés.
Jean.
L'engagement communiste de Paul Eluard est, à l'évidence, le point de rupture : Paulhan reste antiallemand, même si les Allemands devenaient communistes.
Dans cette lettre se trouvent les prémices de la Lettre aux directeurs de la Résistance.
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