COCTEAU, Jean.

Lot 1320
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COCTEAU, Jean.
Eau potable. Manuscrit autographe signé de 11 pp. in-4 [270 x 213] : cartonnage papier glacé bleu à la bradel, étiquette grise imprimée sur le premier plat, dos lisse, doublures et gardes de soie argentée à motifs d'étoiles bleues feutrées (reliure moderne).
“Paris a deux fleuves. L'autre est le boulevard. Ce fleuve coule dans un grand désordre. Il arrive même qu'il stagne ou remonte vers sa source. Le théâtre dit ‘théâtre de Boulevard' et qui, maintenant, ne peut plus se localiser sur le boulevard même, se trouve en mauvaise posture” (p. 1).
D'emblée, l'auteur porte une réflexion sur le théâtre de son temps : “Je vois qu'on se demande souvent pourquoi, par exemple, poète, je cultive un certain comique au théâtre. Outre qu'il faudrait s'entendre et que ce comique, venu d'un raccourci, n'est souvent pas pour moi comique, le moins du monde, il m'arrive, en effet d'obtenir, sous prétexte bouffe, de puissants reliefs, que, sous forme dramatique, la salle ne supporterait pas. Je la flatte, je la distrais, je lui donne du sucre, et, à force de ruses, je lui administre la drogue réconfortante, je lui en cache l'amertume.
Il y a, dans Les Mariés de la Tour Eiffel, des moments de plénitude scénique où je vois Électre,
Antigone, OEdipe, lorsque la salle ne distingue qu'une farce charmante. [...] Il m'est [...] facile de rompre avec les routines. Si mon travail scandalise, il s'intercale dans des spectacles qui rétablissent l'équilibre et permettent d'attendre, comme pour Parade, que trois ans transforment les huées en ovations.”
La seconde moitié du texte est consacrée aux deux grands hommes de théâtre que furent Lugné-Poë et Jacques Copeau. Le premier était le fondateur du théâtre de l'OEuvre, le second celui du théâtre du Vieux Colombier. “Ne vous y trompez pas. Avec mes douches, l'eau de ces citernes modestes est la seule eau potable. Si vous n'avez pas la prudence de résister au Boulevard et si ses miasmes vous séduisent et vous contaminent, je vous conseille une cure. Sinon vous aurez la vieillesse de
Jézabel.”
On a relié en tête une lettre autographe signée du 2 novembre 1921, à propos d'un article à paraître.
Le manuscrit fut offert à Pierre Bergé par son amie Maïmé Arnodin (1916-2003), avec carte de visite de sa main : “Un petit cahier bleu. Souvenir d'une croix bleue, de la part d'une amie qui vous aime.”
Fondatrices de l'agence Mafia, spécialisée en relations presse et publiques et dans la création publicitaire, Maïmé Arnodin et sa compagne Denise Fayolle ont révolutionné la mode et le design dans les années 1960. En 1977, Pierre Bergé leur confia la promotion du parfum Opium et les campagnes des produits de beauté de la marque Yves Saint Laurent. Elles furent de toutes les aventures de la maison de couture.
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