François de CHATEAUBRIAND

Lot 33
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François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, Paris 11 et 15 novembre 1811, à la duchesse de Duras à Ussé; 1 page in-4 et adresse (un peu salie), et 3 pages et quart in-4. Au sujet des pressions exercées sur Chateaubriand pour qu'il réécrive son discours de réception à l'Académie. Lundi 12[11] novembre. «Chère soeur je ne suis pas encore parti pour Lonné. [...] J'ai été retenu par de petites tracasseries de ménage. On me trouve trop taciturne et on voudroit que je parlasse davantage. Vous savez bien qu'on ne fait pas parler les muets ni entendre les sourds. Tout s'arrangera. D'ailleurs comme il plaira à Dieu. [...] Tendresses et dévouement sans bornes». (CG II 536) Vendredi 15 novembre. «Me voilà sorti d'une nouvelle épreuve chère soeur; mais je ne vais plus à Lonné. Je rentre dans ma vallée [...] Je ne puis entrer dans le détail de ce qui m'est arrivé, mais on m'a traité avec beaucoup d'égards, quoique malheureusement il me fût impossible de faire ce qu'on auroit voulu obtenir de moi. J'espère que ce sera les dernières sollicitations de cette espèce que j'aurai à repousser. On pourroit prendre pour de l'obstination ce qui n'est en moi qu'une répugnance fondée sur les dégoûts qu'on m'a donnés. On ne peut pas raisonnablement insister sur ce que je fasse un second discours pour demander grâce à un corps qui m'a traité avec si peu de ménagement, surtout après la réception des nouveaux membres. Je vois que vous n'avez pas là-dessus les mêmes idées que moi; mais il y a des choses de sentiment qui sont plus fortes que tous les raisonnemens. Et malgré toute ma déférence pour vos opinions, jamais vous ne me convertirez sur ce point. Je retourne à ma solitude où j'espère enfin qu'on me laissera tranquille. Je renonce au voyage de Lonné pour plusieurs raisons. J'aime mieux être plus près de mes affaires en cas qu'elles ne soient pas encore finies, et d'ailleurs le temps est affreux et la saison trop avancée. Je vais attendre de vos nouvelles avec une vive impatience. J'espère que vous ne prêcherez plus et que vous ne me parlerez point de tout cela. Amitié vive et tendre pour la vie». (CG II 538)
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