François de CHATEAUBRIAND

Lot 47
Aller au lot
1 800 - 2 000 EUR
Résultat : 2 000 EUR

François de CHATEAUBRIAND

2 Lettres autographes, [juillet 1812], à la duchesse de Duras; 2 pages et quart in-4 et 3 pages in-8. Sur leurs prochaines retrouvailles après une longue séparation. Val de loup Lundi matin [27 juillet]. «Ma soeur est quelquefois inconcevable. Comment peut-elle croire que je ne sois pas à Paris pour son arrivée, lorsqu'elle m'en marque le jour? Si par hazard quelque accident m'empêchoit d'y être le 19 au soir, rien ne m'empêchera d'y être le vingt. Croit-elle que je n'ai pas autant besoin de la voir qu'elle a d'envie de retrouver son frère? En sommes-nous là à présent? Et de qui pourroit-elle être jalouse? J'aime beaucoup l'Adrienne [Mme de Montmorency-Laval], j'aime bien Mde de B[érenger]. J'ai aimé passionnément Mde de N[oailles] mais ma soeur n'a-t-elle pas une place toute à part toute première, où elle règne sans trouble et sans rivale? Au reste je suis bien aise qu'elle rende justice à l'Adrienne. Je m'y suis attaché comme à une découverte. C'est une personne méconnue, et que les sots de ce bas monde n'ont pas eu l'esprit de trouver. Nous causerons donc des affaires. J'ai reçu toutes les souscriptions dont Adrien [de Montmorency-Laval] s'est chargé. Le reste viendra. [...] La mort de Mde de Villeneuve m'a affecté vivement. Il faut, chère soeur, se rapprocher davantage à mesure que les rangs s'éclaircissent. Bientôt il ne restera plus que nous, et nous n'aurons pas de successeurs». Il ajoute qu'il a été nommé juré, et viendra à Paris le mois prochain «pour cette sotte affaire. [...] Bon Dieu quel bonheur de vous voir!» (CG II 577) À la Vallée vendredi 31 [juillet]. Il va venir à Paris pour ses fonctions de juré: «On dit que la session est de 10 jours. Cela me mèneroit donc au 13, vous arrivez le 19 au soir. Du treize au dix-neuf, il n'y a que 6 jours. Je tâcherai d'engager Mde de Ch[ateaubriand] à ne partir pour Verneuil que le 22 ou le 23, ce sera deux jours avant la St Louis. Dans le cas où elle voulût y aller plutôt je la conduirois et je reviendrois vous voir car il n'y a que 8 lieues de Verneuil à Paris. Rien donc ne peut m'empêcher de vous rencontrer; et d'ailleurs les difficultés fussent-elles plus grandes ne se calculent pas. Je me fais une telle joie de vous revoir après une si longue absence que j'y pense jour et nuit. Venez donc. Que de choses à vous dire! Et puis vous serez longtemps avec nous: il y a encore quelques bons jours dans la vie. Je n'attiédirai point l'aimable zèle d'Adrien [de Montmorency- Laval] mais, chère soeur, vous verrez que les difficultés sont très grandes. Je doute par exemple que les affaires de Mde de N[oailles] et de Mde de B[érenger] leur permettent de transformer l'intérêt en fonds. Surtout les affaires de la première qui sont très malheureuses et très compliquées avec celles de sa famille. N'importe, nous causerons de tout cela. Vous trouverez la tragédie [Moïse] faite et même la préface. Vous trouverez aussi quelque chose de l'histoire. Enfin si je ne m'ennuyois pas tant, et que j'eûsse la tête plus tranquille, je ne serois pas trop malheureux. L'amitié de ma soeur me comble de bonheur. Je ne manque que de sagesse. [..] À bientôt! Venez voir combien je vous suis attaché». (CG II 578)
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue