ZOLA (Émile)

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ZOLA (Émile)

J'accuse...! Lettre au Président de la République. Paris, L'Aurore, jeudi 13 janvier 1898. Livraison in-plano de (2) ff., sous verre. Édition originale de la fameuse lettre-manifeste d'Émile Zola adressée au président de la République Félix Faure. Elle a paru sur six colonnes à la une du journal L'Aurore le 13 janvier 1898; son titre, J'accuse - trouvaille de Georges Clemenceau - s'étale, énorme et provocateur. "Le choc fut si extraordinaire, rapporte Péguy, que Paris faillit se retourner." Le tirage considérable de 300 000 exemplaires s'écoula aussitôt. L'honneur des intellectuels. Au lendemain de l'acquittement d'Esterhazy par le conseil de guerre, la voix légale de la révision semblait condamnée. Zola s'employa donc à démonter point par point la procédure, mettant nommément en cause les généraux, les experts en écriture et attaquant l'état-major et les conseils de guerre de 1894 et 1898. En tête de chaque paragraphe, la litanie des "J'accuse" vient scander le réquisitoire implacable. Le but de l'écrivain était d'être poursuivi: "Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour! J'attends." Condamné, il dut prendre le chemin de l'exil. La publication de la lettre de Zola fut, selon le mot de Jules Guesde, "l'acte le plus révolutionnaire du siècle". Si elle provoqua un regain d'antisémitisme, elle eut le mérite de réveiller le camp dreyfusard: "Il y eut un sursaut, dit Péguy: la bataille pouvait recommencer." Les intellectuels se pressèrent alors pour signer les pétitions réclamant la révision du procès que L'Aurore publia dans la foulée. De France et de l'étranger parvinrent des milliers de lettres et de marques de soutien. "Le J'accuse simplifie l'Affaire en même temps qu'il l'éclaire. Il impose de la France - ou des deux France -, à la fin du XIXe siècle, une vision à la fois lucide et sommaire. Mais la lettre de Zola continue (...) à fixer la ligne de partage des deux camps qui s'affrontèrent, et peut-être désigne-t-elle durablement deux types de pensées et d'attitudes, deux cultures, qui ont trouvé, au cours du XXe siècle, de nouvelles raisons de s'affronter, dans "une guerre civile qui dure encore"" (Jean-Denis Bredin). Le manuscrit autographe de J'accuse est désormais fixé à la Bibliothèque nationale de France. Exemplaire légèrement bruni et déchiré aux pliures. Quelques manques. (En français dans le texte, 1990, n° 297.- Dictionnaire d'Émile Zola, pp. 195-197.- Dictionnaire des oeuvres politiques, 1995, pp. 1295-1297: notice de Jean-Denis Bredin.)
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