ÉGYPTE

Lot 348
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600 000 - 800 000 €
Result : 684 000 €

ÉGYPTE

STATUE NAOPHORE DU DIRECTEUR DE LA PLACE PURE, PADIHÉKA. OEuvre majeure de la statuaire saïte, elle figure le dignitaire agenouillé sur une haute base, présentant l'effigie de Ptah dans un naos. Il est coiffé d'une perruque évasée à pattes temporales, finement gravée de stries parallèles suivant les contours du visage et formant à l'arrière une suite de chevrons imbriqués les uns dans les autres. Le visage ovale présente un menton légèrement proéminent, des yeux étirés à la paupière supérieure marquée d'un trait de fard et une bouche esquissant un léger sourire. Le torse, aux épaules larges, s'amincit jusqu'à la taille et montre des clavicules bien marquées. Il est vêtu du pagne chendjyt finement gravé de stries parallèles. Les jambes, aux genoux plats et carrés, sont bien détaillées avec le jambier antérieur, les péroniers et la malléole. L'espace entre les jambes et les pieds de la base présente une réserve de matière en retrait. Les mains, aux doigts longs, soutiennent le naos à corniche à gorge, posé sur les cuisses et laissant apparaître la languette axiale du chendjyt. À l'avant du naos, se dresse une représentation du dieu local Ptah de Memphis, momiforme, coiffé de la calotte, paré de la barbe postiche, et tenant le sceptre ouas. La base, à l'avant arrondi, est gravée de deux formules d'offrandes se déployant symétriquement sur chacune des deux moitiés impliquant Ptah-Sokar à droite et Anubis à gauche. "Offrande que donne le roi à Ptah-Sokar: contempler Sokaris,suivre Rê et une offrande invocatoire chaque jour au scribe royal et bâton du peuple, Padihéka [né de Sasekhmet]";"Offrande que donne le roi à Anubis qui est audessus de sa montagne: tissus, huiles et une belle nécropole au chancelier du roi de Basse Égypte et directeur de la place pure, Padihéka, fils de Peftjaouâiset ". Ces formules surmontent une liste de quatre offrandes rituelles figurées par quatre pots posés sur un plateau: (de gauche à droite) "encens, fard vert (malachite), fard noir (galène), repas (en pain et bière)". Le pilier dorsal présente une colonne avec le signalement du personnage: "Le primat, chancelier du roi de Basse Égypte, directeur de la place pure, méhének (décoré?) du roi, serviteur [du dieu Ha?], bâton du peuple, père divin et inspecteur des prêtres sem, Padihéka". (Traductions: O. Perdu). Grauwacke verte. Égypte, région memphite, Basse Époque, seconde moitié de la XXVIe dynastie. H_51 cm Cette statue est caractéristique des monuments déposés dans les cours des temples par les fidèles afin d'assurer leur alimentation dans l'au-delà de façon continue. En plaçant leur effigie à proximité de la divinité, les dévots espéraient ainsi profiter des offrandes quotidiennes apportées par les prêtres après avoir desservi l'autel divin et alimenté le dieu. Le nom de Padihéka ('le don du dieu Héka', Héka étant la personnification de l'énergie vitale et des pouvoirs magiques) est relativement rare et était surtout usité en Basse Égypte. Le personnage portait différents titres honorifiques, certains archaïsants apparus à l'Ancien Empire. Sa principale charge était ‘directeur de la ouâbet' (directeur de la place pure, le lieu d'embaumement). L'hypothèse la plus sérieuse est une fonction exercée au sein du grand temple de Ptah à Memphis, au lieu de momification du taureau Apis, où sont encore aujourd'hui conservées les grandes tables d'albâtre. Là, Padihéka était probablement responsable du bon déroulement des différentes étapes de la conservation du corps du dieu-animal décédé. Les deux formules d'offrandes gravées du plus beau style tout autour de la base du monument, impliquant Ptah- Sokar et Anubis, et énumérant différents aliments, des tissus et des huiles, indiquent que Padihéka était décédé au moment de la réalisation de la statue destinée à être placée dans la cour d'un temple de la région memphite, sans doute à Sakkara. La liste des quatre matières (encens, fard vert et noir, repas), héritée des stèles-pancartes de l'Ancien Empire, est rarement présente en statuaire; on la retrouve sur une oeuvre conservée au musée Dobrée de Nantes (Inv. 1255). Ce monument sera publié par Monsieur Olivier Perdu. Collection particulière, acquis en 1988. Marché de l'art, acquis en 1985. Marché de l'art, 1970
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