Lot n° 355
Estimation :
500 - 700
EUR
SUVEE (Joseph-Benoit). - Lot 355
SUVEE (Joseph-Benoit).
1743-1807. Artiste peintre, Directeur de l'Académie de Rome, rival de David.
3 L.A.S. à Madame Favart, peintre, au Palais du Tribunat (…). Turin, Rome, Brumaire - Floréal an 10 (novembre 1802 - avril 1803). 11 p. in-4, adresses au verso ; manque la fin sur la dernière lettre.
BELLE CORRESPONDANCE DE SUVEE, PEINTRE NEOCLASSIQUE, LORS DE SON INSTALLATION A ROME A LA TETE DE L'ACADEMIE DES ARTS. Elle est adressée à Marie-Geneviève Favart (née Bellot, 1753-1833), artiste pastelliste et miniaturiste, qui fut un temps l'élève de Suvée, femme de Charles-Nicolas-Justin Favart (1749-1806) fils du grand comédien, lui-même acteur et auteur dramatique.
Brumaire an 10 (novembre 1802). Confirmé dans son poste de Directeur de l'Académie à Rome, Suvée fait part des péripéties de son voyage de Paris à Lyon puis en Italie (départ précipité de Paris, où Suvée avait à peine le temps de prévenir ses élèves, une indigestion de son épouse « mimi » à Lyon l'a retardé avant la traversée des Alpes ; une roue de sa berline s'est rompue au pied du Mont Cenis ; description du passage du col « ces dames en chaise à porteur », craignant les chemins difficiles « sachant qu'il y avait quatre pieds de neige », les coups de soleil en arrivant dans la plaine d'Italie jusqu'à Turin puis Milan, etc.).
Rome, Floréal an 10 (avril 1803). Sur l'état de santé de sa fille qui exige des saignées dont la couleur vire de toute les palettes « du rouge carminé » au « bleu national » ! Sur ses affaires financières et ses démêlés avec son agent, à propos d'une lettre de DUCIS, louant la position de Favart ; « Si je le voyait enfin placé parmi les hommes qui honorent par son talent la patrie qui les a vu naître, qu'il pense encore qu'il porte un nom cher à la république des Cattus et s'il a semblé voilé pendant dix ans que de mauvais gent à l'aide du monstre révolutionnaire a fait une inutile tentative pour s'emparer de l'opinion publique, les bons esprits (…) n'ont cessé de rendre hommage aux productions délicates, ingénieuses ou sprituelles de cet homme rare qui n'eut que son génie pour se soustraire de l'oubli (…). Sur la musique pendant le carnaval : « On prit le parti de donner pour la dernière moitié de la saison des ouvrages déjà connus contre tous usages de ce pays où l'on veut du nouveau ; l'on a donné en dernier lieu un opéra enchanteur de CIRAMOSA qui a eu le plus exaltant succès. » Il évoque le « triomphe » de sa correspondante ; « les Annales des Arts où vous avez été citée, viennent-elles à Rome (…) Dites moi aussi, a-t-il été question de vous dans le Moniteur. Quelqu'un ici me prête cette feuille dans le tems qu'elle fit mention du sallon et me demande en parlant des artistes de Paris, si je connaissais Mad. Bausi (…). » Suvée souhaite recevoir des Echos de la vie artistique à Paris, prenant à cœur son rôle à la villa Médicis ; « Jamais l'on n'aura fait une chose plus utile et plus belle pour les arts et les artistes que de me mettre à même d'y établir notre école. En attendant, je prépare ces lieux pour pouvoir recevoir le plus tôt possible les pensionnaires (…). » La remerciant sur les détails de « l'exposition des citoyens pensionnaires », il déplore les critiques dont fait l'objet les productions de Mme Favart, et défend celui d'HENNEQUIN « digne d'éloge » ; mention de l'arrivée des pensionnaires dont Callamard ; il poursuit : « LE GENERAL MURAT a été tellement fêté ici qu'il n'a pu trouver un instant à m'accorder pour s'entretenir de ce qui intéressait les arts. Je ne suis pas moins sensible à tout ce que le brave GERARD avait fait pour cela. Rappellez moi à son souvenir ainsi qu'à son aimable compagne. Je regrette bien sincèrement que nous nous ne soyons pas plus connu (…). Je désirerais bien apprendre qu'il s'occupe de quelques grandes compositions quoiqu'ils ne soyent pas indispensable pour prouver un talent éminent. (…) L'on m'a assuré que l'on pense à Paris à établir notre Ecole à la Villa Médicis ». Il espère que Gérard le soutiendra dans ce projet, avant d'ajouter ; « C'est au Premier Consul, c'est aux ministres que les amis des Arts doivent ouvrir les yeux sur cet objet (…). »
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